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[Football] Droit du sol : Balogun, incarnation d’un débat américain explosif


Balogun a été l'auteur d'un doublé lors du premier match des Etats-Unis dans ce Mondial. (Photo AFP)

[Mondial-2026] Au moment où Donald Trump remet en cause le droit du sol aux États-Unis, l’attaquant vedette de la sélection américaine, Folarin Balogun, en est devenu l’un des symboles.

Auteur d’un doublé lors de la large victoire 4-1 des États-Unis contre le Paraguay en entame de la Coupe du monde, Folarin Balogun ne serait pas américain sans un concours de circonstances. «(Ma mère) est venue aux États-Unis rendre visite à sa sœur. Elle avait son billet de retour, mais on lui a dit qu’elle était trop avancée dans sa grossesse. Donc je suis né à New York», raconte l’attaquant de Monaco dans une vidéo Instagram publiée cette semaine par l’équipe américaine.

Traditionnellement, toute personne née sur le sol américain obtient automatiquement la citoyenneté. Pur produit britannique, après avoir grandi à Londres et joué pour les Three Lions jusqu’à ses 21 ans, l’attaquant a ainsi bénéficié du droit du sol et choisi de représenter les États-Unis plutôt que l’Angleterre ou le Nigeria, pays d’origine de sa famille.

Près de 100 joueurs français au Mondial-2026

Mais une telle trajectoire pourrait devenir impossible. Donald Trump souhaite en effet revenir sur le principe du droit du sol, consacré par le 14e amendement de la Constitution américaine, dans le cadre d’un durcissement plus large de la politique migratoire. Le président américain souhaite limiter la citoyenneté aux enfants nés aux États-Unis dont au moins un parent est citoyen américain ou résident permanent légal – ce qui n’était pas le cas de Balogun.

Si le cas de l’attaquant reste atypique dans le monde du football, il illustre l’imbrication croissante des dynamiques migratoires dans ce sport. Près d’un quart des joueurs de cette Coupe du monde sont nés dans un pays autre que celui qu’ils représentent, explique Marissa Kiss, de l’Institut de recherche sur l’immigration de l’université George Mason.

«Comme pour les Jeux olympiques ou la Coupe du monde, les pays sont en concurrence pour attirer les talents, et la politique d’immigration constitue un outil stratégique», affirme-t-elle. «Les pays qui facilitent l’accès à la citoyenneté disposent d’un avantage pour recruter des talents.»

Les diasporas jouent un rôle de plus en plus important dans l’élargissement des viviers de joueurs, ajoute Gijsbert Oonk, professeur à l’université Erasmus de Rotterdam, spécialiste des liens entre migration et sport. «La France est devenue ainsi le principal exportateur mondial de talents footballistiques. Lors de la Coupe du monde 2026, près de 100 joueurs étaient nés en France. Pourtant, seule une minorité d’entre eux représente l’équipe nationale», écrit-il dans un récent billet de blog.

La Team USA s’appuie sur 50 % de binationaux

Cette Coupe du monde compte également quatre paires de frères jouant pour des équipes différentes. C’est notamment le cas des frères Doué : Désiré porte le maillot de la France tandis que Guéla, son frère aîné, représente la Côte d’Ivoire. Au sein de l’équipe américaine, la moitié des 26 joueurs possède au moins une deuxième nationalité. C’est le cas de Tim Weah, fils de la légende du football George Weah, seul Africain à avoir remporté le Ballon d’Or et devenu par la suite président du Liberia.

L’ailier de Marseille a choisi de jouer pour les États-Unis, bien qu’il ait été également éligible pour représenter le Liberia, la Jamaïque ou la France. La Cour suprême américaine doit se prononcer sur le droit du sol d’ici fin juin ou début juillet, coïncidant avec la phase finale de la Coupe du monde. Une décision aux répercussions ressenties jusque sur le terrain.

Pendant ce temps, Balogun espère mener la «Team USA» le plus loin possible dans la compétition. «Je ne suis pas naïf, ce ne sera pas facile (NDLR : de gagner), reconnaît l’attaquant de Monaco, auteur de 19 buts en Ligue 1 cette saison. Mais on se répète qu’il faut y croire. Pour ça, il est important de se fixer de petits objectifs, à commencer par celui de sortir des poules. Un objectif qui sera déjà atteint en cas de victoire contre l’Australie, vendredi soir (21 h).

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