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Des perquisitions de grande ampleur et un promoteur luxembourgeois visé


Ces opérations ont visé six personnes, dont le promoteur immobilier Kindy Fritsch. (Photo : archives editpress)

De nombreuses perquisitions chez six personnes et dans vingt-sept sociétés ont été menées par la police dans une affaire d’un préjudice estimé à plus de 200 millions d’euros au détriment d’un fonds d’investissement luxembourgeois.

Entre le 10 et le 15 juin, la police a mené plusieurs perquisitions au Luxembourg et à l’étranger dans le cadre d’une enquête portant sur un préjudice estimé à plus de 200 millions d’euros au détriment d’un fonds d’investissement luxembourgeois, a annoncé ce lundi le parquet de Luxembourg.

Ces opérations ont visé six personnes, dont le promoteur immobilier Kindy Fritsch, soupçonnées d’avoir participé à des faits susceptibles de constituer notamment des infractions d’abus de biens sociaux, de banqueroute frauduleuse, d’escroquerie, d’abus de confiance, de faux intellectuel et d’usage de faux, ainsi que de blanchiment d’argent.

D’autres perquisitions ont également été menées auprès de vingt-sept sociétés visées par les investigations à Luxembourg-Ville, dans la région Centre et dans le nord du pays. Des mesures d’enquête ont par ailleurs été exécutées auprès de plusieurs acteurs du secteur financier, dont des établissements bancaires et des compagnies d’assurance-vie. «À ce stade, ces établissements ne sont pas visés par les soupçons faisant l’objet des investigations», précise le parquet de Luxembourg.

Parallèlement, des mesures d’enquête ont été réalisées dans plusieurs juridictions étrangères, notamment à Monaco, en Suisse et en Belgique, dans le cadre de la coopération judiciaire internationale. Des saisies portant sur des biens mobiliers et immobiliers ont également été effectuées afin de garantir l’exécution d’une éventuelle confiscation ultérieure.

Selon des informations de nos confrères de RTL, ces opérations seraient liées à sa société «Greenfinch Capital Management», mise en faillite il y a deux ans jour pour jour, ainsi qu’à la structure sociétale associée.

Au total, soixante membres de la police grand-ducale et sept agents du Bureau de gestion des avoirs (BGA) ont été mobilisés au cours de ces opérations. Kindy Fritsch reste toujours présumé innocent.

L’enquête se poursuit.

L’avocat de Kindy Fritsch contre-attaque

Lundi en début de soirée, l’avocat de Kindy Fritsch, Me Philippe Penning, a apporté quelques précisions à cette affaire. Il conteste les faits présumés et évoque des «allégations dépourvues de tout fondement, formulées par un unique investisseur minoritaire, professionnel du secteur financier, dans le cadre d’un litige initié au civil en 2021». Il précise qu’«à ce jour, cette affaire n’a fait l’objet d’aucun jugement au fond et l’ensemble des faits et infractions visés par l’enquête en cours sont formellement contestés».

Il explique «que le préjudice de 200 000 000 euros mis en avant par le parquet appelle en outre les précisions suivantes. D’une part, il est allégué par une seule personne, l’investisseur précité, dont l’apport en fonds propres à l’opération s’élève à 800 000 euros. D’autre part, il n’est étayé par aucun élément probatoire objectivable, tel qu’un rapport d’expertise, qu’il soit unilatéral ou judiciaire. Monsieur Kindy Fritsch, dont le casier judiciaire est vierge de toute inscription, constate que ni dans le cadre des deux procédures judiciaires, ni devant la CSSF, ni devant l’autorité judiciaire, il n’a jamais été en mesure de défendre son point de vue, après prise de connaissance des éléments lui opposés par ses accusateurs, en amont de mesures aussi lourdes de conséquences».

Me Philippe Penning envisage des poursuites. «Seront notamment appelés en responsabilité l’ensemble des acteurs, étatiques comme privés, intervenant à un titre ou à un autre, tant au regard de la violation des principes élémentaires du droit que du préjudice économique subi, que ce soit au Luxembourg, pour autant que ce droit lui soit un jour reconnu, ou par-devant les juridictions européennes», conclut l’avocat.

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