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L’heure de la «réWolte»

Le sort des livreurs de Wolt souligne l’urgence de mettre en œuvre la directive européenne censée doter les travailleurs des plateformes d’un véritable statut. Aujourd’hui, beaucoup restent de faux indépendants soumis à des conditions de travail précaires. Pour espérer dégager un revenu décent, ils sont contraints de travailler 10 à 12 heures par jour, souvent sans repos hebdomadaire ni congés. «On fait tout le travail, mais à la fin de la journée, on ne gagne rien. Depuis le 1er janvier, j’ai gagné 3 800 euros brut en roulant 200 kilomètres minimum tous les jours. Avec l’essence et les révisions, je ne gagne rien», témoigne Clément*, livreur chez Wolt depuis 2024.

Vendredi dernier, quelque 160 livreurs travaillant pour Wolt ont fait grève pour protester contre une baisse des tarifs. Un rendez-vous avec les syndicats OGBL et LCGB s’est tenu mardi. Quelle sera la suite? L’entreprise affirme être consciente des préoccupations soulevées et se dit prête au dialogue. Lors de son arrivée au Luxembourg en 2024, Wolt vendait encore du rêve. Ludvig Helmertz, alors directeur général par intérim, assurait que les livreurs ne travaillaient pas 24 heures sur 24. «Ils peuvent se connecter à leur application et être prêts à travailler, tout comme ils peuvent rester connectés depuis leur canapé», expliquait-il dans nos colonnes. Wolt avançait en outre que ses livreurs à travers l’Europe étaient sur le terrain en moyenne 10 heures par semaine. La réalité est bien différente.

L’heure de la «réWolte» a désormais sonné. Les livreurs ont pris leurs responsabilités en montant au créneau. Les syndicats alertent depuis plusieurs années sur les risques d’exploitation liés au travail de plateforme. Les tensions sociales des deux dernières années ont toutefois freiné les discussions sur la directive censée encadrer ce secteur. En début d’année, le ministre du Travail, Marc Spautz, avait tenté de relancer le dialogue avec les syndicats, sans succès. Un document de travail a néanmoins été soumis ce printemps aux partenaires sociaux. L’accord tripartite a depuis ouvert la voie à une reprise des négociations sur la réforme du droit du travail. La livraison d’un accord ne pourra plus tarder.

* Le prénom a été changé.

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