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Bodycams, cabines sécurisées, présence humaine accrue : comment améliorer la sécurité dans les transports ?


En 10 ans, les CFL ont enregistré 9 millions de voyageurs annuels supplémentaires. (Photo archives editpress/julien garroy)

Le comité de pilotage dédié à la sécurité dans les transports publics s’est réuni mardi pour examiner les statistiques à ce sujet et vérifier l’avancement de plusieurs projets destinés à renforcer la sûreté au sein des trains, des bus et des trams.

«La sécurité et le respect dans les transports publics constituent une responsabilité collective et une priorité politique permanente.» Pour la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, le constat est clair. Alors que la fréquentation des transports publics est en hausse (voir encadré), le Luxembourg doit mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour assurer la sécurité du personnel et des voyageurs. La ministre a donc réuni l’ensemble des acteurs du secteur lors d’un comité de pilotage dédié à la sécurité dans les transports.

Celui-ci a dressé le bilan 2025 des statistiques de sûreté, établi sur la base des constats d’incidents signalés par les différents opérateurs de transport. Les données montrent une progression du nombre d’incidents : de 3 271 recensés en 2024, le chiffre est passé à 3 461 en 2025, soit une augmentation de 5,8%. Cette tendance se confirme également sur le premier semestre 2026 : 1 884 incidents ont été signalés entre janvier et juin, contre 1 746 sur la même période en 2025, ce qui représente une progression de 7,9%. Mais le comité a aussi relevé une bonne nouvelle : les agressions envers le personnel sont en baisse de 1,16% au premier semestre 2026 par rapport à l’année dernière.

Des usagers toujours plus nombreux

Les transports en commun du Grand-Duché connaissent une hausse continue de leur fréquentation. La gare de Luxembourg accueille désormais près de 80 000 passages quotidiens, tandis que la fréquentation ferroviaire est passée de 22,5 millions de voyageurs en 2015 à 31,4 millions en 2025, soit près de 9 millions de voyageurs supplémentaires.

Le tram connaît lui aussi une croissance soutenue, avec une fréquentation passée de 6,1 millions de passagers en 2019 à 35,2 millions en 2025. Parallèlement, le réseau RGTR assure plus de 2,6 millions de courses par an à travers l’ensemble du pays.

Pour améliorer la situation, le comité a fait le point sur les mesures de sécurité et de prévention qui ont été mises en place ou sont en cours de déploiement. La première concerne les cabines sécurisées pour les chauffeurs d’autobus. Au 15 juillet, 824 autobus du réseau RGTR en sont équipés, soit 48,1% de l’ensemble de la flotte. Le déploiement de ce dispositif se poursuit à un rythme soutenu, avec l’intégration de 78 véhicules supplémentaires au cours des six derniers mois et d’environ 150 autobus sur les douze derniers mois.

Du côté des CFL, 68 autobus sur 83, soit 82% de la flotte, disposent d’une cabine sécurisée. Les quinze véhicules restants, appartenant à une génération plus ancienne, seront retirés du service d’ici 2028.

Une présence humaine accrue

Le comité a également pris connaissance des mesures mises en œuvre par Luxtram afin de renforcer la sécurité et la prévention sur son réseau. Après le lancement en août 2025 d’une phase pilote prévoyant la présence d’agents de sécurité à bord des tramways et sur la ligne, Luxtram a renforcé ce dispositif à compter du 1er juillet avec le déploiement d’une deuxième équipe. Les agents de sécurité assurent des missions de prévention, de présence et d’assistance, tandis que les conducteurs restent responsables de la gestion de l’exploitation et de l’information des voyageurs.

En parallèle, le comité a fait le point sur l’avancement du projet de loi 8335 relatif à la sécurité, à la sûreté, à l’ordre et à la vidéosurveillance dans les transports publics. Celui-ci poursuit trois objectifs principaux:

  • établir un cadre juridique dédié à la sécurité et à l’ordre dans les transports publics
  • encadrer l’utilisation de la vidéosurveillance et définir précisément ses finalités
  • mettre en place un régime de sanctions administratives et pénales adapté aux infractions constatées

Les membres du comité sont ensuite revenus sur la campagne nationale «Le respect, c’est simple comme bonjour !». À l’occasion de la Journée nationale du respect dans les transports en commun, organisée le 3 mai 2026, elle a mis l’accent sur le respect de l’environnement sonore dans les espaces partagés. Son objectif était de promouvoir des comportements favorisant le confort et le bien-être de la clientèle.

Un recours aux bodycams?

Le ministère a présenté son analyse des expériences actuellement menées dans plusieurs pays européens concernant l’utilisation de bodycams par les agents des transports publics. Les premiers retours mettent en évidence des pistes d’action en matière de prévention des conflits, de désescalade des situations tendues et de protection des agents. Le ministère suit également avec attention le déploiement progressif des bodycams au sein de la police grand-ducale. Les enseignements tirés de cette expérience permettront, le moment venu, d’évaluer l’opportunité et les modalités d’un éventuel recours à ce dispositif.

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