Redonner de l’espace aux rivières pour mieux protéger les habitants : c’est l’ambition affichée par la deuxième table ronde nationale «Renaturéierungsdësch».
«En redonnant davantage d’espace à nos rivières, nous renforçons la biodiversité, préservons nos ressources en eau et réduisons les risques liés aux effets du changement climatique, notamment les inondations et les canicules», a résumé le ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité, Serge Wilmes, ce lundi, à Mondorf-les-Bains. Une deuxième ronde nationale «Renaturéierungsdësch», après celle de novembre 2025, en présence du ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden, et de l’administration de la Gestion de l’eau.
Au cœur de cette rencontre, rapportée dans un communiqué, la présentation d’un catalogue de 51 actions concrètes, fruit d’un travail de concertation. Entre février et mai 2026, huit réunions de travail ont réuni plus de 70 participants issus de plus de 30 entités différentes, répartis en trois groupes thématiques consacrés aux obstacles fonciers, procéduraux et organisationnels, ainsi qu’aux besoins d’information et de sensibilisation.
Les 51 mesures s’organisent autour de cinq axes : les prérequis aux négociations foncières, la mobilisation des terrains, la clarification des rôles et responsabilités, la simplification des procédures et enfin l’information et la sensibilisation.
Résilience, résilience, résilience
L’objectif est simple : lever les blocages concrets rencontrés sur le terrain et permettre aux projets de renaturation d’avancer plus vite. Concrètement, la loi modifiée du 19 décembre 2008 relative à l’eau intègre désormais les mécanismes du «silence vaut complétude» et du «silence vaut accord», censés raccourcir les délais administratifs.
Au-delà de l’écologie, les ministres ont insisté sur la dimension protectrice de ces travaux. Restaurer les fonctions naturelles des cours d’eau, c’est aussi réduire les risques d’inondation et renforcer la capacité des rivières à se régénérer, une résilience utile aussi bien face aux crues qu’aux périodes de sécheresse.
Léon Gloden a élargi le propos à l’échelle de tout un pays : «Resilienz geet jidderee vun eis eppes un!» (la résilience nous concerne tous). Il a mis en avant le nouveau règlement national des bâtisses, qui prévoit de prendre des mesures contre les îlots de chaleur, de planter des arbres sur les espaces publics et de créer des revêtements perméables, en particulier sur les parkings, ou encore d’équiper les nouveaux bâtiments de citernes de récupération des eaux pluviales.
Et après?
Ce catalogue sera soumis au Conseil de gouvernement à l’automne, en même temps que la Stratégie nationale de résilience de l’eau. Le public pourra donner son avis jusqu’au 1ᵉʳ septembre. Plusieurs recommandations sont déjà en cours de mise en œuvre, à travers la réforme de la loi sur l’eau, qui doit simplifier, accélérer et digitaliser les procédures.
Ce chantier s’inscrit dans un cadre plus large. Le 17 juillet dernier, le Conseil de gouvernement a par ailleurs adopté le Plan national de restauration (PNR), un texte distinct qui doit être transmis à la Commission européenne avant le 1ᵉʳ septembre, conformément au règlement européen relatif à la restauration de la nature. Renaturation des cours d’eau et restauration des écosystèmes procèdent d’une même logique : rendre le territoire plus résilient face au dérèglement climatique.
«En unissant nos efforts autour d’une vision commune, nous posons les bases d’une mise en œuvre plus rapide et plus efficace des projets de renaturation», a conclu Serge Wilmes.