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Revolut victime d’une usurpation d’identité, le Luxembourg (pour l’instant) épargné


(Photo : revolut)

La fintech britannique Revolut a indiqué mercredi avoir été victime d’une usurpation d’identité qui l’a conduite à transmettre les informations de certains clients à «un tiers non autorisé», qui s’est fait passer pour une agence gouvernementale.

La banque en ligne britannique Revolut a indiqué mercredi avoir été victime d’une usurpation d’identité qui l’a conduite à transmettre les informations de certains clients à «un tiers non autorisé», lequel s’est fait passer pour une agence gouvernementale.

«Dès la détection de cette activité, nous avons immédiatement bloqué l’adresse et alerté l’agence gouvernementale concernée, les forces de l’ordre, les autorités de protection des données et les régulateurs financiers», a indiqué un porte-parole de la fintech.

Selon une source proche du dossier, 680 clients ont été touchés dans plusieurs pays européens.

«Les fonds des clients ne sont pas affectés», a précisé la banque, qui affirme avoir «contacté directement le nombre limité de personnes impactées».

Revolut évoque «une escroquerie sophistiquée» au cours de laquelle «un tiers non autorisé a utilisé l’adresse courriel de domaine d’une agence gouvernementale légitime pour soumettre de fausses demandes d’information».

Un courriel envoyé aux clients concernés en fin de semaine dernière détaille que la fuite de données concerne des adresses, des photos de vérification, des pièces d’identité, ainsi que des informations sur l’activité bancaire et liée aux bitcoins.

Parmi eux, l’entrepreneur français Mark Karpelès dit avoir contacté la police au Japon, où il réside, et être allé dormir à l’hôtel avec sa famille par mesure de précaution.

«La France a eu aussi pas mal de problèmes de kidnapping», heureusement «je suis un peu plus loin et donc plus difficile à joindre comme cible», explique cet ancien patron de la plateforme d’échanges de bitcoins Mt. Gox. Celle-ci avait fait faillite en 2014 après un piratage, et M. Karpelès avait été reconnu coupable de manipulation de données électroniques dans cette affaire.

Les médias italiens indiquent que les courriels seraient partis de la préfecture italienne de Reggio de Calabre.

L’autorité italienne de protection de la vie privée a cependant demandé à toutes les banques du pays d’examiner leur système d’accès aux données et de lui communiquer d’éventuelles failles de sécurité, tandis que la police italienne a ouvert une enquête, ont-elles confirmé.

Le régulateur britannique de la protection des données (ICO) a de son côté indiqué avoir «reçu un signalement» et examiner les informations fournies.

Le quotidien Financial Times a dit être entré en contact avec les pirates informatiques affirmant être à l’origine de l’incident. Ceux-ci auraient échangé des courriels avec la banque pendant plusieurs mois sous cette fausse identité, en ciblant des clients détenant d’importants volumes de cryptoactifs, notamment en France et en Suisse.

Fondée en 2015, Revolut, qui revendique désormais plus de 80 millions de clients dans le monde, a été l’une des pionnières des services financiers sur smartphone. La rapidité de son expansion lui a valu des critiques quant à sa capacité à respecter les réglementations financières, notamment concernant la fraude et le blanchiment d’argent.

La néobanque a décroché en juillet une licence bancaire en Australie, puis a obtenu début septembre une autorisation conditionnelle aux États-Unis. Elle a annoncé mercredi avoir déposé une demande de licence en Suisse.

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