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Les carburants mis sous pression


Les pays producteurs situés loin du conflit ne peuvent pallier le déficit d'or noir. (Photo : afp)

La situation dans le Golfe et le détroit d’Ormuz provoque des sueurs froides sur le marché du pétrole. L’Agence internationale de l’énergie veut rassurer sur l’approvisionnement en or noir.

La dégradation de la situation autour du détroit d’Ormuz accentue les «inquiétudes concernant la sécurité d’approvisionnement» en pétrole et «l’incertitude» sur les perspectives du marché, a averti mardi le patron de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, tout en se réjouissant que des «facteurs d’amortissement» existent.

Parmi ces facteurs figurent les «efforts majeurs de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis» pour livrer du pétrole par d’autres routes que le détroit d’Ormuz, l’accroissement des exportations d’autres producteurs, «en particulier les États-Unis, le Brésil, le Venezuela et le Kazakhstan», ou encore les efforts de la Chine pour réduire ses importations, indique l’agence basée à Paris dans un communiqué.

La Chine a en effet «joué un rôle important dans la stabilisation des marchés en réduisant ses importations de pétrole brut de près de 50 % par rapport à leur niveau d’avant-guerre», a observé le directeur exécutif de l’organisation créée en 1974 et chargée d’assurer la sécurité énergétique dans le monde.

Des millions de barils délivrés

La trentaine de pays qui en sont membres (Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, France, Italie, Japon, Mexique, Turquie, États-Unis…) avaient annoncé en mars libérer 400 millions de barils pour amortir la crise entraînée par la guerre au Moyen-Orient. «Environ 290 millions de barils ont été libérés par les membres de l’AIE, et davantage continuent à arriver sur le marché», a dit l’AIE mardi.

Elle précise que ses membres détiennent toujours des volumes d’urgence «significatifs», comprenant «plus d’un milliard de barils détenus par les États».

Le déblocage de stocks stratégiques de mars a été le sixième et le plus important de l’histoire de l’AIE, qui a redit mardi qu’une réouverture «complète et sans condition» du détroit d’Ormuz serait «essentielle pour éviter une plus grande détérioration de la sécurité énergétique mondiale».

Fatih Birol relève par ailleurs que le raffinage n’a pas augmenté autant que les livraisons de brut, «ce qui signifie que les marchés des produits raffinés, notamment le diesel et l’essence, sont nettement plus tendus que ceux du brut», ce qui se ressent dans les prix à la pompe.

Sur les marchés du gaz naturel, les autres producteurs, notamment États-Unis et Canada, ont compensé à hauteur d’environ 70 % l’offre perdue, «mais davantage de retards dans la reprise des exportations du Golfe risquent de laisser les marchés tendus plus longuement», avertit-il, soulignant que «tous les importateurs» vont en ressentir les effets, «y compris l’Europe».

Les cours montent

Les cours du pétrole ont grimpé mardi, portés par le regain de tensions entre les États-Unis et l’Iran qui a intensifié ses attaques au Moyen-Orient dans ce qui est désormais une «guerre totale» selon Téhéran. Vers 15 h 15, le prix du baril de brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre prenait 2,13 % à 91,12 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, dont c’est le dernier jour de cotation, gagnait 2,49 % à 85,30 dollars.

«Le trafic maritime à travers le détroit d’Ormuz s’est pratiquement arrêté» depuis la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, souligne Barbara Lambrecht, analyste de Commerzbank.

Les gardiens de la révolution, armée idéologique de l’Iran, ont indiqué que deux pétroliers avaient été stoppés dans cette voie stratégique, alors qu’ils empruntaient une route non reconnue par Téhéran, au large d’Oman. Le conflit menace de s’élargir avec l’implication des rebelles houthis du Yémen, qui ont annoncé lundi un blocus maritime de l’Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde.

Cela menace la capacité du royaume à contourner le détroit d’Ormuz via la mer Rouge pour exporter ses barils.

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