Entre escalade des tensions au Moyen-Orient et détente des marchés, deux scénarios opposés se dessinent pour le déclenchement des prochaines tranches d’indexation.
Après une accalmie en juin des prix de l’énergie et des carburants, une nouvelle hausse a été observée en juillet. Dans ce contexte, le Statec ramène sa prévision d’inflation à 1,8 % pour 2026 et 2,1 % pour 2027. Les incertitudes géopolitiques demeurent encore importantes. Du côté de l’index, deux scénarios restent possibles.
Le premier suppose que le conflit au Moyen-Orient va s’intensifier durablement. La fermeture du détroit d’Ormuz sera prolongée. L’inflation atteindrait 4,5 % dans la zone euro en 2026. Au Luxembourg, les prix de l’énergie progresseraient de 14,4 % en 2026. Les effets de second tour apparaîtraient sur les prix alimentaires à partir du dernier trimestre 2026 : l’inflation alimentaire atteindrait 2,2 % en 2026 puis 3,6 % en 2027, l’inflation des services 3,5 % et celle des biens industriels non énergétiques 2,0 % en 2027. L’inflation globale s’établirait à 2,9 % en 2026 puis 3,2 % en 2027. L’index serait déclenché dès le quatrième trimestre 2026 et une nouvelle tranche au troisième trimestre 2027.
Le deuxième scénario repose sur une détente plus rapide des marchés de l’énergie. L’inflation des prix de l’énergie s’établirait à −0,4 % en 2026 et reculerait davantage en 2027 (−3,2 %). L’inflation globale atteindrait 1,7 % en 2026 puis 1,8 % en 2027. Le prochain index interviendrait au troisième trimestre 2027.
L’inflation stabilisée
En juillet, l’inflation s’est établie à 2,2 %. Au Luxembourg, la hausse des prix de l’énergie a ralenti à 7 % contre 9 % en juin. L’inflation alimentaire s’est quant à elle stabilisée autour de 1,5 % depuis juin (contre près de 3 % en début d’année). Ainsi, la prévision pour 2026 est ramenée de 2,5 % à 1,8 %, soit une révision de -0,7 point par rapport à mai. L’inflation alimentaire atteindrait quant à elle 2,1 % en 2026 et 2,4 % en 2027. Les services et les biens industriels non énergétiques vont progresser modérément, respectivement de 2,2 % à 2,8 % et de 1,0 % à 1,4 % en 2026 et 2027.
Pour 2027, l’inflation devrait augmenter de 0,3 point et être ramenée à 2,1 %. En effet, les mesures de la tripartite (Resilienzpak) permettant de ralentir l’inflation et de préserver le pouvoir d’achat des ménages se termineront au 31 décembre 2026.
Pour le pétrole, pas de retour immédiat aux niveaux d’avant-conflit
Le scénario central du Statec s’appuie sur celui d’Oxford Economics, qui retient un prix moyen du Brent d’environ 83 USD le baril en 2026, contre près de 90 USD dans les hypothèses de mai. «Ces hypothèses supposent une poursuite du reflux des cours au second semestre 2026, puis en 2027», explique l’institut de statistiques. Pour le mois de juillet, les carburants ont baissé de 1,4 %, mais restent 15,8 % au-dessus du niveau de juillet 2025.
Le prix du litre de diesel diminue de 2,3 % sur un mois et celui de l’essence de 0,7 %. Le Statec note qu’en l’absence de la mesure gouvernementale, les carburants auraient enregistré une hausse mensuelle de 1,5 %. Le prix du mazout augmente de 1,3 % par rapport à juin et affiche une augmentation marquée de 30,4 % par rapport à juillet 2025. Les tarifs du gaz et de l’électricité, quant à eux, restent inchangés en juillet.
Les prix des vêtements en baisse
Les soldes d’été entraînent chaque année une baisse significative des prix des biens industriels non énergétiques. Ainsi, les prix des vêtements et des chaussures diminuent de 14,3 % par rapport à juin, mais demeurent supérieurs de 2,5 % à leur niveau de juillet 2025. Les produits liés à l’ameublement, aux appareils ménagers, à la bijouterie, à l’horlogerie ainsi qu’aux équipements pour la personne et la maison subissent eux aussi une baisse à la suite des soldes.
L’alcool et le tabac coûtent plus cher
Les prix de l’alimentation, dont notamment les boissons alcoolisées et le tabac, affichent une hausse annuelle de 1,5 % en juillet 2026. Des augmentations plus marquées s’observent du côté des légumes à fruits (+15,8 % sur un an), des fruits congelés (+9,6 %) et du chocolat (+6,0 %). A contrario, les prix des pâtes alimentaires (-5,0 %), des huiles végétales (-3,2 %) et des glaces (-2,9 %) sont en recul par rapport à juillet 2025.
Pour les services, les prix progressent de 2,4 % sur un an, contre 2,5 % en juin. Un léger ralentissement qui s’explique principalement par une baisse saisonnière des tarifs des crèches et maisons relais, qui reculent de 9,9 % par rapport au mois précédent. Le début des vacances scolaires a entraîné des hausses saisonnières dans certaines activités touristiques. Les voyages à forfait augmentent ainsi de 15,0 % par rapport à juin et de 3,5 %. Les billets d’avion progressent de 13,3 % sur un mois et de 4,1 % par rapport à juillet 2025.
Incertitudes pour l’alimentaire et le gaz
En 2027, des doutes subsistent pour l’alimentaire et le gaz. Les prix des engrais azotés, dont le gaz naturel est un intrant déterminant, restent supérieurs à leurs niveaux de 2025. Les vagues de chaleur du printemps et de l’été 2026 peuvent conduire à une hausse des prix sur les matières premières agricoles, notamment sur les cultures tropicales.
La deuxième source d’incertitude concerne le gaz. «Le taux de remplissage des stockages européens reste inférieur à sa moyenne saisonnière à l’approche de la période de chauffe, et la disponibilité du GNL en provenance du Golfe demeure tributaire des conditions de navigation dans le détroit. Cette configuration constitue un risque haussier sur les prix à partir de l’hiver 2026-2027», indique le Statec.