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Mouvement étudiant : solidarité syndicale et réalités divergentes


Au cœur des revendications en France, l'inclusion par l'enseignement était également le sujet d'un piquet de protestation organisé par le SEW/OGBL en janvier 2025. (Photo : fabrizio pizzolante)

Le syndicat SEW-OGBL, via son secrétaire central adjoint Gilles Bestgen, apporte son soutien aux manifestations de lycéens et enseignants français, tout en soulignant les situations bien distinctes de part et d’autre de la frontière.

Lundi, la branche jeunesse de l’OGBL a apporté son soutien public aux lycéens français. Est-ce votre cas également ?

Gilles Bestgen : Bien sûr, nous avons des contacts en France, notamment auprès des syndicats de la FSU (NDLR : Fédération syndicale unitaire), et nous partageons bien évidemment les inquiétudes et revendications des lycéens français, que ce soit par rapport au délabrement de leurs établissements ou au manque général de financement pour l’éducation.

Pour l’instant, nous n’avons pas discuté en interne afin d’aller soutenir les enseignants français, mais cela serait tout à fait possible, car nous avons de bons contacts avec nos collègues de Moselle. Il y a un an, nous avions par exemple organisé une conférence de presse conjointe sur les problèmes d’inclusion à l’école. Si les syndicats appelaient donc à une manifestation, nous serions tout à fait capables d’y assister.

 

Vous sentez-vous concerné par certaines revendications des enseignants français ?

La situation n’est pas pareille. Nous avons vu les images d’un lycée à Saint-Clément-de-Rivière, près de Montpellier, où le toit s’est effondré, après de fortes pluies, à côté des élèves. Cela n’existe pas au Luxembourg. Nous entendons aussi que la majorité des lycées en France auraient près de 70 ans, ce qui n’est pas le cas ici non plus. Après les canicules de l’été, nous avons certes quelques problématiques sur l’adaptation du bâti au changement climatique, mais cela n’est pas comparable.

Pour ce qui est des classes surchargées, il est vrai que dans le secondaire, les classes à 30 élèves ne sont pas des exceptions non plus et qu’il est évident qu’il serait plus facile de faire cours avec moins d’élèves. En France, il y a aussi un souci de professeurs qui ne sont pas remplacés. Au Luxembourg, nous avons les surveillants qui sont là pour les absences très courtes. Dans le secondaire, nous avons cependant un problème d’heures supplémentaires lorsqu’il s’agit d’absences plus longues prises en charge par les professeurs présents.

Les problématiques restent tout de même très différentes, notamment à cause des finances publiques assez défaillantes ces dernières années en France. La gestion des manifestations par la police est également différente de l’autre côté de la frontière.

 

La situation n’est pas transposable au Luxembourg

 

Les jeunes luxembourgeois sont-ils très attentifs aux événements en France ?

Étant donné l’influence des réseaux sociaux sur eux, je peux très bien imaginer que les images qu’ils voient, surtout celles des interventions de la police, pourraient avoir des répercussions et qu’ils voudraient lancer un mouvement de soutien. Lundi, il y a déjà eu les deux communiqués de soutien de la part de l’Union nationale des étudiants du Luxembourg (NDLR : UNEL) et du département des jeunes de l’OGBL.

 

L’UNEL qui précise ne pas vouloir profiter de la situation en France afin de lancer un mouvement pour ses propres revendications. 

Oui et je comprends. La situation n’est pas transposable au Luxembourg. En France, l’école est la promesse républicaine d’un avenir meilleur pour les jeunes, qu’ils puissent faire « mieux » que leurs parents. Sauf que ceux qui en auraient le plus besoin, ceux pour lesquels les parents ne peuvent pas payer l’école privée, sont dépourvus de cette promesse. Certes, il y a des inégalités, mais il n’y a pas une telle différence ici, puisqu’il n’y a pas un taux aussi important d’élèves dans le privé. Par contre, avec la politique de ces dernières années, des études démontrent que l’évolution des inégalités dans l’éducation au Luxembourg n’est pas positive.

 

Déi Lénk affiche son soutien

Dans un communiqué publié mardi, Déi Lénk «se déclare solidaire des lycéennes et lycéens en France et de leurs revendications légitimes». À l’instar de l’UNEL et de l’OGJ, le parti de gauche dénonce les violences policières envers les manifestants : «On ne compte plus les prises d’étranglement, les coups de matraque, l’utilisation massive de gaz lacrymogène, les jeunes qui perdent des membres, les tirs de lance-grenades potentiellement mortels, ni les 5 000 arrestations en quelques jours.»

Déi Lénk fustige ainsi l’action du gouvernement français qui, «au lieu d’écouter et de chercher à comprendre, répond par des coups de matraque», et salue le rôle de toutes celles et ceux qui font preuve de solidarité et protègent les jeunes.

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