La troisième journée de mobilisation lycéenne a réuni mardi plus de 450 000 manifestants en France et donné lieu à quelques heurts. En Belgique aussi, le rassemblement a dégénéré en débordements.
Quelque 450 000 manifestants, d’après les organisateurs, ont défilé mardi dans toute la France pour «l’acte III» du mouvement. Les défilés des lycéens étaient organisés sous haute surveillance des autorités et avec le soutien d’une intersyndicale de l’Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, UNSA, SUD et Solidaires). Des heurts ont eu lieu à Paris notamment, où la préfecture a évoqué la présence de «300 individus hostiles» et indiqué que 12 personnes avaient été interpellées.
En fin de journée, une source au sein de l’exécutif a confirmé une information de BFMTV annonçant qu’Emmanuel Macron allait présider dans la soirée une réunion à l’Élysée pour faire le point sur la mobilisation lycéenne. Sébastien Lecornu a d’ailleurs annoncé la suspension des cours dans les lycées, sur une demi-journée entre mercredi et vendredi, afin de permettre aux chefs d’établissement d’organiser un «temps de démocratie interne» avec les élèves.
Une réponse jugée «irrespectueuse» par les proviseurs et les syndicats. «Nos collègues sont épuisés, ont été exposés, ont subi de graves violences ces derniers jours. Quand est-ce que les collègues vont préparer cela? C’est assez hors sol de nous demander de banaliser une journée», a réagi Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d’établissement ID-FO.
Des incidents en Belgique
En Belgique, la mobilisation étudiante, provoquée par des mesures d’économie annoncées en région francophone, a été reconduite pour une quatrième journée ce mardi. «Après le chaos de ce lundi, la journée de ce mardi avait pourtant bien commencé!», rapportent nos confrères de L’Avenir à Liège, épicentre du mouvement. Dans la matinée, plusieurs centaines d’élèves étaient rassemblés devant leurs établissements respectifs, avant de défiler dans les rues. «Même si la situation était parfois un peu tendue, l’ambiance était globalement bon enfant.»
«Leur message était clair : pas d’incident et faire valoir leurs revendications. Mais malgré cette bonne volonté, force est de constater que les casseurs n’attendaient que cela pour s’immiscer dans le cortège et provoquer des incidents.» Vitres brisées, poubelles incendiées, jets de pierres contre jets de gaz lacrymogène, «la situation était toujours très tendue» en milieu d’après-midi.
À Mons, la tension est aussi «montée d’un cran en début de matinée entre les jeunes et la police, qui a encerclé et regroupé ces derniers». Au total, 12 arrestations administratives ont été comptabilisées par L’Avenir dans l’après-midi.