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Éducation : l’IA condamne-t-elle les devoirs à la maison?


Réviser et écrire sans l'aide de l'IA, bientôt une image du passé? (Photo : editpress/julien garroy)

Avec l’omniprésence de l’intelligence artificielle dans les pratiques de révision des élèves, une réflexion nécessaire s’engage sur la place des travaux écrits personnels dans l’évaluation scolaire.

Les résultats du diplôme de fin d’études secondaires sont tombés, mais la question de la place de l’IA dans les méthodes de travail des élèves reste centrale.

À tel point que deux députés CSV, Ricardo Marques et Marc Lies, s’en sont emparés dans une question parlementaire datant du mois de mai dernier, qui alertait le ministère sur «le fait que les travaux écrits – qu’il s’agisse de devoirs de vacances ou d’exercices de révision – ne constituent plus, du fait de l’utilisation de l’intelligence artificielle, des indicateurs fiables de la performance des élèves».

Ils se faisaient le relais d’une lettre de la Commission nationale pour l’enseignement secondaire classique «Allemand», attirant l’attention sur le dossier de travaux, qui compte actuellement pour 15 points dans la note finale alors que l’examen surveillé en représente 45.

Or le recours à des agents conversationnels génératifs est devenu la norme pour les élèves, qu’il s’agisse d’assistants de révision ou de soutien à la production écrite, interrogeant sur la pertinence du modèle actuel d’évaluation combinant travaux écrits et examens finaux.

À ce titre, les deux députés interpellaient donc en mai le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse sur la possibilité d’étudier un système préservant «la valeur pédagogique des travaux écrits comme outil de préparation et de révision sans qu’ils comptent pour la note finale».

L’évaluation : un défi

Car le problème, outre les dangers cognitifs d’un apprentissage reposant systématiquement sur l’IA, est bien celui de l’évaluation : quelle part une production écrite réalisée grâce à l’intelligence artificielle doit-elle prendre dans la note du travail d’un élève, si tant est qu’elle doive être prise en compte? Les devoirs à la maison sont-ils condamnés?

À cette question cruciale qu’il qualifie de «défi», le ministre Claude Meisch (DP) a fini par évoquer ce vendredi «un groupe de travail mis en place pour traiter du thème « Évaluation des performances et soutien aux apprentissages », actuellement composé de représentants des deux Collèges des directeurs, du Service de coordination de la recherche et de l’innovation pédagogiques et technologiques et de l’Institut de formation de l’Éducation nationale».

Ce groupe de travail, dont l’objectif est d’abord de «tester des formats d’examen, des scénarios d’évaluation et de rétroaction, ainsi que des principes fondamentaux d’évaluation des performances dans le contexte de l’IA», déterminera alors avec les établissements partenaires «si le cadre réglementaire relatif aux travaux de vacances et aux devoirs de révision doit être adapté».

Pour le ministère, il s’agit donc avant tout de vérifier l’impact réel de l’intelligence artificielle sur les productions écrites et les révisions avant d’élaborer de nouvelles modalités d’examen. Dans le même temps, les conseils pour réviser et travailler avec l’IA pullulent sur les réseaux sociaux.

 

 

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