Depuis 1986, la Jugend- an Drogenhëllef vient en aide aux toxicomanes et à leurs proches en les accompagnant à travers différentes actions. Alors que la fondation va bientôt fêter ses 40 ans, sa directrice revient sur l'évolution de la consommation de drogues au Luxembourg et sur son travail au quotidien.
Depuis 40 ans, comment la consommation de drogues a-t-elle évolué au Luxembourg?
Ute Heinz : Si je reprends le nom Jugend- an Drogenhëllef (JDH), Jugend, ça veut dire jeunesse. À l'époque, c’étaient les jeunes qui consommaient de la drogue et c’est la raison de la création du centre de consultation. Aujourd’hui, la JDH s’adresse principalement aux adultes. Ça fait maintenant 30 ans que je travaille dans ce domaine. Quand j'ai commencé, ces personnes consommaient principalement de l’héroïne, mais depuis plusieurs années, les substances et les modes de consommation ont changé. Maintenant, on observe de plus en plus de consommation de cocaïne, de drogues synthétiques et de polyconsommation. Nous gérons une salle de consommation à Esch, créée en 2019. On avait prévu beaucoup plus de places pour la consommation intraveineuse que pour fumer ou inhaler. Mais ces dernières années, on remarque que les besoins se sont inversés. Les gens consomment la cocaïne en la fumant, sous forme de crack, alors que les injections sont en baisse.
Quand j’ai commencé, il n'y avait pas non plus de personnes toxicomanes au-dessus de 40 ans parce qu’elles décédaient avant à cause des surdoses ou des maladies infectieuses. Grâce à la mise en place des mesures de réduction des risques et du progrès au niveau de la prise en charge médicale, les choses s’améliorent. On observe maintenant une population de consommateurs vieillissante : ils peuvent atteindre les 70 ans. Ils ont des besoins spécifiques, parce que le corps d'une personne qui a consommé pendant des années pose des problèmes médicaux multiples, mais aussi sociaux ou financiers. Cette population demande une prise en charge spécifique, parce qu'ils sont souvent trop jeunes pour intégrer les maisons de retraite classiques. Cela nous a amenés à créer, il y a deux ans, le service ViTo, pour Vieillir en Tolérance.
Quels sont les "points chauds" pour la consommation de drogue au Luxembourg?
Il y en a dans toutes les ...
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