Fabien Randanne, journaliste culture et médias pour 20 minutes France, couvre depuis 2015 l'Eurovision. Il a écrit Queerovision en 2025, un livre sur la présence et l'histoire de la communauté LGBTQ+ dans le concours. Entretien.
Ses premiers souvenirs du concours remontent à son enfance, il avait 7-8 ans quand il a regardé son premier concours de l'Eurovision à la télévision en 1991. «C'était un rendez-vous qu'on suivait en famille», confie le journaliste français. S'il s'en éloigne à l'adolescence, il reprend goût à cet événement musical à l'âge adulte. Des «soirées avec des amis» dont il se souvient encore. Il y a dix ans, en 2015, l'Eurovision prend une autre dimension, puisqu'il le couvre pour la première fois en tant que journaliste.
Pourquoi avez-vous souhaité écrire un livre sur la communauté LGBTQ+ à l'Eurovision?
Fabien Randanne : Un éditeur m'a contacté quand j'étais à l'Eurovision 2024 à Malmö. Il m'a dit qu'il appréciait mes articles sur le concours et qu'il y avait peut-être un livre à faire. Il n'y a pas énormément d'ouvrages qui ont été écrits sur le sujet. On a beaucoup d'exemples américains, mais très peu en Europe. Je me disais que l'Eurovision était un moyen de parler de ce sujet-là. Car pour moi, c'est un miroir des préoccupations sociétales.
L'Eurovision reste une tribune pour la communauté LGBTQ+
Vous avez intitulé votre livre Queerovision. Comment définissez-vous ce terme?
Queer, au départ, c'est une insulte homophobe qui était utilisée dans les pays anglophones. Cela voulait dire «tordu, bizarre». Ce terme a ensuite été récupéré par la communauté LGBTQ+ pour faire ce qu'on appelle du renversement de l'insulte ou du retournement de stigmates (...). C'est aussi un terme qui peut englober les différentes facettes d'un individu, que ce soit son orientation sexuelle ou son identité de genre. Généralement, derrière ce terme, il y a aussi une connotation politique et militante dans le fait de se définir comme queer plutôt que simplement comme gay ou homo, par exemple.
Pour vous, le concours l'est-il?
Il ne se limite pas à sa dimension queer, il y a plein de choses dans le concours qui ne sont pas de l'ordre du queer (...). Mais l'Eurovision reste une vitrine et une tribune pour la communauté LGBTQ+ parce qu'effectivement, c'est l'occasion pour certains pays où l'homosexualité est réprimée de montrer des artistes LGBTQ+ épanouis, de voir des figures positives et de se sentir représentés (...). L'Eurovision, c'est un peu la scène de tous les possibles où l'on peut être pleinement qui on est et incarner la personne que l'on veut être.
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