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[Football] Au bout du suspense, l’Espagne détrône l’Argentine et s’offre une deuxième étoile méritée


Ferran Torres a délivré la Roja à la 106e minute. (Photo AFP)

[MONDIAL-2026] Au terme d’une finale où l’Argentine, championne en titre, n’a frappé que deux fois au but, l’Espagne s’est logiquement adjugé la deuxième Coupe du monde de son histoire, grâce à un but de Ferran Torres inscrit durant les prolongations (1-0).

En 2010, le héros espagnol était Barcelonais, et s’appelait Andrés Iniesta. En 2026, il joue également au Barça, et se nomme Ferran Torres. Sorti du banc en deuxième période, dimanche au MetLife Stadium d’East Rutherford, près de New York, l’attaquant a offert à l’Espagne sa deuxième Coupe du monde, seize ans après la première. Quatre ans après avoir détrôné la France et remporté sa troisième étoile, voilà l’Argentine destituée à son tour. Logique, au regard de ce qu’elle a produit lors d’une 23e finale dont le sort s’est décidé lors des prolongations.

Longtemps, dans cette première finale de l’histoire opposant le champion d’Europe au champion d’Amérique du Sud, le spectacle aura été au rendez-vous… quand les joueurs étaient aux vestiaires. Entre le show de l’avant-match, qui a notamment convoqué Robbie Williams, Nicole Scherzinger (ex-Pussycat Dolls) ou Post Malone sur la pelouse, et celui de la mi-temps, façon Super Bowl, dirigé par Chris Martin (Coldplay) et assuré par Madonna, Shakira, Justin Bieber ou le groupe de K-pop BTS, les 82 500 spectateurs du MetLife Stadium en ont eu pour leur argent.

Aucun tir argentin en 90 minutes

C’était moins vrai côté football, puisque entre ces deux représentations comme les Américains en raffolent, la première période n’a pas atteint de sommets. Entre le coup d’envoi et la pause, anormalement longue de 27 minutes pour faire place à tous les guests précédemment cités, seules trois frappes, toutes espagnoles, sont venues sanctionner des débats sans surprise maîtrisés par la Roja et endurcis par l’Albiceleste.

La première était cadrée, et Yamal avait sans doute les moyens de faire mieux quand il a tenté en vain d’ouvrir son pied gauche en angle fermé, après s’être appuyé sur Olmo à l’entrée de la surface (5e). Le gardien Emiliano Martinez a également capté la seconde, rasante, signée Oyarzabal à l’entrée de la surface (39e), quelques minutes avant que le tir croisé de Cucurella ne passe à côté (43e). Trois tirs à zéro, deux corners à rien : au repos, les statistiques étaient faméliques.

Elles l’étaient toujours, côté argentin, au moment du second cooling break de la soirée : après vingt minutes en deuxième période à sens unique, les champions du monde en titre, amputés sur blessure de leurs deux défenseurs centraux, Lisandro Martinez (44e) et Cristian Romero (70e), mais aussi de leur ailier Nico Gonzalez (sorti à la mi-temps), ne s’étaient procuré qu’un corner inconséquent et n’avaient toujours pas frappé au but. C’était toujours le cas à la fin des 90 premières minutes…

Pendant ce temps, la pression espagnole s’intensifiait, la menace rouge se précisait, matérialisée par un tir cadré de Baena dès le retour des vestiaires (46e), une frappe flottante d’Olmo que Martinez n’a pu que dévier en corner (64e) et une tête de l’entrant Torres sur le portier argentin (67e). La pause fraîcheur a semblé couper un peu les jambes des hommes de Luis De la Fuente, mais après une dizaine de minutes de battement, la Roja a repris sa domination, «Dibu» Martinez devant à nouveau s’employer sur une tentative lointaine de Cubarsi (77e).

Fernandez exclu, Messi très effacé

Le gardien de l’Albiceleste a encore brillé, au bout du bout du temps additionnel, pour détourner en corner un coup franc de Yamal (90+8), et envoyer les deux équipes en prolongations. Prolongations que l’Argentine a dû débuter à dix, conséquence du second carton jaune reçu quelques instants plus tôt par son milieu Enzo Fernandes. Déjà inexistants dans le jeu à onze, les hommes de Lionel Scaloni pouvaient-ils tenir trente minutes de plus?

La réponse est non : après un but refusé à Williams pour une faute très, très légère de Merino (96e), puis une tête de Merino passée juste à côté sur un centre de Williams (103e), l’Espagne a enfin fini par percer le verrou argentin, dans les premiers instants de la seconde prolongation. A la réception d’un centre de Yamal, au deuxième poteau Nico Williams a pris le meilleur sur Molina et a remisé de la tête pour un autre entrant, Ferran Torres, buteur en force du gauche (1-0, 106e).

Le Barcelonais a même cru tuer le match quand il a filé seul au but et a remporté son duel avec Martinez, avant d’être signalé hors-jeu (112e). Assez inexistant jusque-là, Lionel Messi est alors enfin un peu sorti de sa boîte, pour enrouler un long centre qui a failli trouver la lucarne opposée (115e), armer une demi-volée surpuissante contrée par Merino (118e), lancer Simeone dont le centre a semé la pagaille, ou centrer pour Simeone, dont la reprise au point de penalty s’est envolée (120+2).

Mais tout cela était bien trop peu, en 135 minutes (temps additionnel inclus), pour un tenant du titre, qui plus est contre la meilleure défense du tournoi (un but concédé). L’Espagne fait un beau champion du monde.

Espagne – Argentine 1-0 a.p. (0-0)

MetLife Stadium. Pelouse sèche. Arbitrage de M. Vincic (Svn). 82 500 spectateurs environ.

Le but : Ferran Torres (106e)

Cartons jaunes : Li. Martinez (41e), Paredes (52e), Fernandez (82e), Mac Allister (111e) pour l’Argentine.

Carton jaune-rouge : Fernandez (90+3) pour l’Argentine.

Espagne : Simon – Porro, Cubarsi, Laporte (99e Garcia), Cucurella – Rodri (cap., 99e Zubimendi), Ruiz (62e Pedri) – Yamal, Olmo (75e Merino), Baena (75e Williams) – Oyarzabal (62e Torres).

Argentine : E. Martinez – Montiel (58e Molina), Romero (70e Medina), Li. Martinez (44e Otamendi), Tagliafico – De Paul (70e Simeone), Fernandez, Mac Allister, Gonzalez (46e Paredes) – Messi (cap.), Alvarez (102e Senesi).

* À l’issue du temps réglementaire, prolongations disputées en dehors de nos impératifs de bouclage.

PALMARÈS

Palmarès de la Coupe du monde depuis sa création en 1930

2026 : Espagne bat Argentine 1-0 a.p. (aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique)

2022 : Argentine bat France 3-3, 4 t.a.b. à 2 (au Qatar)

2018 : France bat Croatie 4-2 (en Russie)

2014 : Allemagne bat Argentine 1-0 a.p. (au Brésil)

2010 : Espagne bat Pays-Bas 1-0 a.p. (en Afrique du Sud)

2006 : Italie bat France 1-1, 5-3 t.a.b. (en Allemagne)

2002 : Brésil bat Allemagne 2-0 (en Corée du Sud et au Japon)

1998 : France bat Brésil 3-0 (en France)

1994 : Brésil bat Italie 0-0, 3 t.a.b. à 2 (aux États-unis)

1990 : Allemagne (RFA) bat Argentine 1-0 (en Italie)

1986 : Argentine bat Allemagne (RFA) 3-2 (au Mexique)

1982 : Italie bat Allemagne (RFA) 3-1 (en Espagne)

1978 : Argentine bat Pays-Bas 3-1 a.p. (en Argentine)

1974 : Allemagne (RFA) bat Pays-Bas 2-1 (en Allemagne/RFA)

1970 : Brésil bat Italie 4-1 (au Mexique)

1966 : Angleterre bat Allemagne (RFA) 4-2 a.p. (en Angleterre)

1962 : Brésil bat Tchécoslovaquie 3-1 (au Chili)

1958 : Brésil bat Suède 5-2 (en Suède)

1954 : Allemagne bat Hongrie 3-2 (en Suisse)

1950: Uruguay bat Brésil 2-1* (au Brésil)

1938 : Italie bat Hongrie 4-2 (en France)

1934 : Italie bat Tchécoslovaquie 2-1 a.p. (en Italie)

1930 : Uruguay bat Argentine 4-2 (en Uruguay)

Classement par nations :

5 titres : Brésil

4 titres : Allemagne et Italie

3 titres : Argentine

2 titres : France et Uruguay

1 titre : Angleterre et Espagne

* En 1950, le tournoi se termine par une poule de quatre mais l’Uruguay s’impose en remportant le dernier match, assimilé à une finale.

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