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[Football] L’Espagne dans les pas des pionniers de 2010


Seize ans après, les hommes de Luis de la Fuente ont imité ceux de Vicente del Bosque, qui avaient remporté le Mondial après l'Euro. (Photo : afp)

[MONDIAL-2026] Sacrée championne du monde dimanche, deux ans après avoir décroché l’Euro, la Roja de Lamine Yamal, Rodri, Dani Olmo et consorts a écrit une nouvelle page magnifique du foot espagnol.

Comme leurs glorieux aînés menés par Andrés Iniesta et dirigés par Vicente Del Bosque, qui avaient remporté la première Coupe du monde de l’histoire de l’Espagne après avoir été champions d’Europe en 2008, les joueurs de Luis de la Fuente ont accompli dimanche contre l’Argentine (1-0 a.p.) un doublé rarissime, seulement réussi en Europe par l’Allemagne (1972-1974) et la France (1998-2000).

De quoi rêver d’étendre cette suprématie encore un peu plus loin, à l’image de cette génération dorée qui avait prolongé sa domination étincelante en s’emparant de l’Euro-2012 pour un triplé inédit. «Je vois certaines similitudes avec le groupe qui a été champion en 2010», disait lui même De la Fuente avant le Mondial, où son équipe a appliqué quelques-unes des recettes de la Coupe du monde sud-africaine.

Défense de fer et entrejeu rayonnant

Car cette équipe ne se contente pas de décrocher des titres : comme leurs prédécesseurs, les Espagnols se distinguent par un jeu aux allures de rouleau compresseur, qui ne laisse aucune miette à ses adversaires. Lors du coup de force contre la France en demi-finale (2-0), les Espagnols ont réalisé une démonstration de maîtrise collective, portée par un entrejeu rayonnant, capable de confisquer la balle aux adversaires lors de longues phases de possession avant de frapper sur un éclair.

Avec ce plan de jeu, l’Espagne n’a laissé presque rien à se mettre sous la dent aux Bleus et à leur trio de feu Mbappé-Dembélé-Olise, avec quasiment aucune occasion de tir franche et une statistique famélique de 0,3 expected goals (un calcul des probabilités de buts) à la fin de la rencontre. «La marge de progression, je vous le répète souvent, est infinie et ils le démontrent à chaque fois», se réjouissait De la Fuente après le match qualifiant son équipe de «meilleure du monde».

En finale contre l’Argentine, la possession a une fois de plus été espagnole à plus de 65 %, et la ligne statistique du nombre de passes (852 contre 464) en dit long aussi. En huit rencontres de Coupe du monde, la Roja n’a encaissé qu’un seul but, face à la Belgique en quart de finale (2-1), une performance encore supérieure à celle de la génération 2010 (deux buts encaissés en sept matches).

Les parallèles tentants entre les deux générations ont leurs limites : pas encore portée par un duo aussi impérial que celui composé de Xavi et Iniesta, l’Espagne d’aujourd’hui se projette sans doute plus vers l’avant, pour profiter de la vitesse de ses flèches Lamine Yamal et Nico Williams. Mais tous deux freinés par des blessures, le prodige barcelonais et l’ailier de Bilbao ont moins pesé qu’à l’Euro, où Yamal s’était notamment montré décisif en demi (1 but) comme en finale (1 passe décisive).

Un triplé avant le Mondial à domicile?

Une raison de plus d’envisager sereinement les années à venir, dans une équipe où Pau Cubarsi, Lamine Yamal (19 ans) ou Pedri (23 ans) ont sans doute encore un futur doré devant eux? L’exemple de 2010 incite à la prudence. Après leur triplé Euro-Mondial-Euro, les Espagnols n’ont plus gagné un match à élimination directe en Coupe du monde jusqu’en 2026 (sortis en poule en 2014, en 8e en 2018 et 2022).

Le jeu tant admiré de la Roja, fait de multiplication de passes, repose parfois sur un fil, et a pu tourner à la caricature lors de ces années de disette, avec un jeu latéral incapable de créer des déséquilibres. La génération 2026 a elle même fait face à ce défi dès son entrée en lice contre le modeste Cap-Vert (0-0). La finale a aussi mis en lumière son manque d’efficacité : 20 tirs, 12 cadrés, un seul but (même si deux buts ont été annulés par l’arbitre pour hors-jeu ou faute préalable).

La Roja devra aussi veiller à l’état de forme de certains cadres, comme Fabián Ruiz (30 ans), Mikel Oyarzabal (29 ans, 5 buts au Mondial) ou encore Rodri (30 ans), Ballon d’or en 2024 et désigné meilleur joueur du tournoi, qui a enchaîné les blessures. Rendez-vous en 2028, au Royaume-Uni et en Irlande, pays hôtes de l’Euro, pour voir si les héritiers de 2010 peuvent prétendre les rejoindre sur la même marche, avant de rêver dans quatre ans d’un Mondial à domicile.

Le parcours de l’Espagne

Phase de groupes

Espagne – Cap-Vert 0 – 0

Espagne – Arabie saoudite 4 – 0

Uruguay – Espagne 0 – 1

Classement : 1er avec 7 points

Seizième de finale

Espagne – Autriche 3 – 0

Huitième de finale

Portugal – Espagne 0 – 1

Quart de finale

Espagne – Belgique 2 – 1

Demi-finale

France – Espagne 0 – 2

Finale

Espagne – Argentine 1 – 0 a.p.

Le tableau d’honneur

Podium : 1. Espagne; 2. Argentine; 3. Angleterre

Meilleur joueur : Rodri (Espagne)

Meilleur jeune : Pau Cubarsi (Espagne)

Meilleur gardien : Unai Simón (Espagne)

Meilleur buteur : Kylian Mbappé (France, 10)

Meilleur passeur : Michael Olise (France, 7)

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