Première fête nationale réussie pour le Grand-Duc Guillaume qui reprend le flambeau de son père. Une nouvelle génération qui navigue entre continuité, transmission et innovation.
Feu d’artifice, cortège au flambeau, fête populaire, parade militaire, Te Deum et cérémonie à la Philharmonie sont les éléments indispensables et traditionnels des festivités autour de la fête nationale. Autant que les drapeaux tricolores, l’hymne national Ons Heemecht ou le Wilhelmus qui a accompagné l’entrée du nouveau couple grand-ducal dans la salle de concert au Kirchberg.
Après une fête nationale de transition en 2025 entre l’ancien et le nouveau souverain, Guillaume et son épouse ont vécu leurs premières festivités de la fête nationale en tant que Grand-Duc et Grande-Duchesse, comme l’a souligné Luc Frieden mardi matin et Guillaume lui-même dans son discours sur le thème de la continuité et de la transmission ainsi que de valeurs fédératrices.
Via Duc de Jean-Jacques Maillet, la commande qui a ouvert la cérémonie, illustrait très bien ce propos. Le morceau représente les cycles du soleil, de la vie et les rêves. Le soleil, radieux comme la Grande-Duchesse Stéphanie qui avait choisi de porter pour l’occasion une robe jaune de style vintage années 1950.
Radieux comme l’avenir du Luxembourg s’il continue à miser sur ce qui le rend plus fort pour conserver son indépendance. «Nous sommes un pays libre» à «l’esprit libre», a estimé Claude Wiseler, président de la Chambre des députés, dans un discours brillant et optimiste. «Pendant plus d’un siècle, nous avons réussi à rester un pays ouvert qui a accueilli des personnes parce que nous avions besoin de bras et de talents que nous avons intégrés à notre société. La diversité nous a rendus forts.» Sans oublier, entre autres, les valeurs luxembourgeoises, leur respect et leur défense, le fondement de la société et de l’identité luxembourgeoise.
Radieux aussi, comme la merveilleuse jeune violoniste, Eloisa Marie Aubert, 12 ans, qui a interprété le concerto pour violon en mi mineur de Felix Mendelssohn avec maîtrise et excellence, ce qui lui a valu une standing ovation de toutes les personnes présentes dans l’auditorium de la Philharmonie. Elle est un exemple parmi d’autres des belles choses dont les humains sont capables.
Un cadeau précieux et fragile
Comme les personnes de la société civile récompensées par le Grand-Duc Guillaume pour leur actes héroïques, artistiques ou sportifs, leurs parcours de vie, leur engagement pour les autres. René Closter, fondateur de Luxembourg Air Rescue, a été nommé commandeur dans l’ordre du mérite du Grand-Duché de Luxembourg. Eugène Keiler et Marco Sorgen ont reçu la médaille d’honneur en vermeil pour acte de courage et de dévouement pour avoir sauvé un noyé. La cheffe cuisinière Anne Knepper et l’athlète Patrizia Van der Weken ont été faites chevalier dans l’ordre de la couronne de chêne. L’actrice Vicky Krieps, officier de cet ordre.
«Grâce à ma fonction, j’ai la chance de rencontrer chaque jour des personnes différentes (…). Chacune de ses rencontres était différente, mais elles avaient toutes un point commun : les gens font le Luxembourg», a confié le Premier ministre, confiant malgré l’état de la géopolitique mondiale. «Notre société a toujours été marquée par la diversité et c’est très bien. Une seule chose est plus forte que nos différences, c’est la conviction d’avancer grâce au dialogue, à l’écoute, à l’envie de trouver un terrain commun, de défendre nos principes et nos valeurs communes, (…) d’apporter sa pierre à l’édifice.»
Le Grand-Duc Guillaume lui a emboîté le pas sur ce thème en s’adressant plus particulièrement à la jeunesse. «C’est à votre tour de prendre cette responsabilité», a affirmé le chef de l’État. «La jeunesse s’inspire de notre façon de fonctionner. Elle doit aussi faire preuve d’esprit critique pour trouver son propre chemin qui correspond à son époque. (…) Chaque génération doit avoir l’opportunité de faire mieux que la génération précédente sans oublier les fondements de notre démocratie.» Et de poursuivre sur le rôle des traditions par analogie avec certains symboles de la fête nationale.
La cérémonie de mardi matin, par exemple. D’ailleurs «pourquoi êtes-vous ici ce matin?», a voulu savoir le Grand-Duc. «Chacun d’entre vous a certainement sa propre réponse. C’est ce qui fait l’importance de cette cérémonie. Elle est un symbole d’un pays construit sur le dialogue, d’une société réunissant différentes générations, des professions et des cultures différentes, des personnes aux avis et cultes différents. Nous ne sommes pas réunis ici malgré nos différences, mais avec elles.» Un sentiment d’appartenance qui doit être rassurant pour les nouvelles générations et les mettre en confiance. «Une démocratie se transmet.» Un cadeau précieux et fragile dont il est l’un des garants depuis octobre dernier.
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