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Armes nucléaires : le Luxembourg pressé de rejoindre le traité d’interdiction


La base aérienne de Büchel, en Allemagne, abrite des bombes nucléaires américaines. (Photo : afp)

À l’approche du 81e anniversaire des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, la Friddens- a Solidaritéitsplattform appelle, comme l’année dernière, le Grand-Duché à adhérer au traité de l’ONU sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) que le Luxembourg et ses partenaires de l’OTAN refusent jusqu’ici de signer.

Les 6 et 9 août marquent les 81 ans des deux bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki, qui firent quelque 214 000 morts jusqu’à la fin de 1945, sans compter les dizaines de milliers de survivants marqués à vie par les séquelles des radiations.

À cette occasion, la Friddens- a Solidaritéitsplattform (FSPL) réclame un changement de cap dans la politique de sécurité du Luxembourg, de l’Union européenne et de l’OTAN. La plateforme demande le retrait des bombes américaines stationnées dans des bases en Europe, «notamment de Büchel (Eifel) et de Kleine Brogel (Limbourg)», et défend «une Europe sans armes nucléaires».

Son leitmotiv est que le Luxembourg doit adhérer au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) des Nations unies : «Les nouveaux modèles européens de partage nucléaire, entre États européens et la France par exemple, doivent être rejetés, faute de quoi le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires s’en trouvera affaibli et de plus en plus d’États voudront se doter de la bombe.» La plateforme dénonce aussi la course aux arsenaux : 12 000 armes nucléaires subsistent dans le monde, dont 4 000 en état d’alerte immédiate.

Un traité que le Luxembourg refuse

Adopté en 2017 et entré en vigueur en janvier 2021, le TIAN interdit la mise au point, la possession, l’emploi et la menace d’emploi des armes nucléaires. Il compte aujourd’hui 99 États signataires ou parties. Mais aucune puissance nucléaire, ni aucun de leurs alliés proches, ne l’a rejoint.

Le Luxembourg ne fait pas exception et sa position va plus loin qu’une simple abstention. Le Grand-Duché a boycotté les négociations de 2017 et vote depuis 2018 contre la résolution annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU appelant les États à ratifier le texte. En janvier 2023, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Jean Asselborn, jugeait dans le Lëtzebuerger Land que le TIAN était devenu «un instrument politique» ne servant pas l’objectif d’un monde dénucléarisé, et qualifiait la première réunion des États parties d’«événement quasi anti occidental». Pour lui, seul le Traité de non-prolifération «reste la seule base réaliste sur le chemin long et difficile menant à un monde exempt d’armes nucléaires»

Contrairement à l’Allemagne, la Belgique ou les Pays-Bas – également membres de l’OTAN et abritant, eux, des ogives américaines –, le Luxembourg n’a jamais pris part à ces réunions, même comme simple observateur. Des parlementaires luxembourgeois ont toutefois participé à une conférence d’élus organisée par la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN, prix Nobel de la paix 2017) en marge de la dernière réunion des États parties, en mars 2025.

Le débat n’est pas près de se refermer puisque la première conférence d’examen du TIAN se tiendra du 30 novembre au 4 décembre au siège des Nations unies, à New York.

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