Il a fini par devoir reconnaître une écrasante défaite : dans la nuit de vendredi à samedi, Gianni Infantino a acté le retrait de son projet d’ouvrir la gestion commerciale et événementielle des tournois de la FIFA à des investisseurs privés. La menace des fédérations européennes, réunies sous le toit de l’UEFA, de boycotter les Coupes du monde – appuyées par leurs homologues de la Confédération asiatique (AFC) et de la Concacaf (Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes) – a précipité l’enterrement d’une initiative présentée comme une manne supplémentaire de 4,2 milliards de dollars. Soit 20 millions d’euros pour chacune des 211 fédérations qui forment la Fédération internationale de football association.
Cette fois, l’appel de l’argent n’a pas suffi à convaincre les dirigeants du football mondial de céder une nouvelle part de l’âme de leur sport. Mais, même si Gianni Infantino finit par chuter, les dollars et les euros continueront de régner sur le football national, européen et international. Aucune fédération ne rechigne à recevoir une part des 15 milliards de dollars générés par la récente Coupe du monde organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Les 32 clubs engagés lors de la première Coupe du monde des clubs, à l’été 2025, n’ont pas davantage contesté le milliard de dollars distribué par la FIFA. Même constat en Ligue des champions, où les clubs européens se sont disputé une enveloppe de 2,5 milliards d’euros, dont 25 millions d’euros pour le seul vainqueur, le Paris Saint-Germain. Le club français a d’ailleurs été l’un des premiers à miser sur des investisseurs privés étrangers, ouvrant la voie à des moyens financiers quasiment sans limites.
«Le foot n’est pas à vendre», clamait vendredi dans nos colonnes le président de la Fédération luxembourgeoise de football (FLF), Paul Philipp. D’autres dirigeants ont repris le même refrain, assurant que «le foot appartient aux supporters». En réalité, ce n’est plus le cas depuis longtemps. Néanmoins, il était grand temps de mettre (définitivement?) hors-jeu un Gianni Infantino devenu bien trop gourmand. Et, malgré tout, les plus fidèles du ballon rond seront toujours là, à suivre et supporter leurs clubs et sélections nationales. Sans trop rechigner non plus.