[MONDIAL-2026] Les deux superstars, feignant de s’ignorer, se livrent un duel à distance ébouriffant, surmotivés à l’idée de faire mieux que l’autre, avec record de buts et deuxième étoile en jeu.
Ils se rendent but pour but
Il leur reste chacun six matches dans cette édition pour y parvenir, un marathon qui ne manquera pas de dénivelé positif. Mais déjà, les deux se sont lancés dans un formidable sprint de goleadors qui les voit effacer des tablettes, une à une, les gloires d’un passé plus ou moins récents.
Lionel Messi, qui a démarré son sixième mondial (un autre record, partagé avec Cristiano Ronaldo) à trois buts de la marque référence jusque-là de Miroslav Klose (16), a dépassé puis distancé l’Allemand à deux longueurs, en réussissant un triplé contre l’Algérie (3-0), puis un doublé lundi face à l’Autriche (2-0).
Kylian Mbappé, lui comptabilisait 12 buts déjà en seulement deux Coupes du monde, comme Pelé. Après ses doublés contre le Sénégal (3-1) et l’Irak (3-0) – soit 16 buts en autant de matches de Coupe du monde –, il a aussi laissé dans son rétroviseur un autre Français, Just Fontaine (13), l’Allemand Gerd Muller (14) et le Brésilien Ronaldo (15), pour s’asseoir aux côtés de Klose en ne lorgnant plus désormais que Messi au-dessus de lui.
Mais même d’encore loin à ce stade – une finale France – Argentine est possible –, c’est bien les yeux dans les yeux que «Kyky» et «Leo» se regardent et se rendent but pour but. Car depuis le début, le hasard du calendrier les fait jouer le même jour, à une poignée d’heures de différence. Mardi dernier, juste après que Mbappé a fait deux fois sauter le verrou sénégalais, Messi a réussi le premier triplé de sa carrière dans un Mondial pour punir de tendres et bien trop admiratifs Algériens.
Un blockbuster rejeté par les deux stars
L’occasion de l’interroger une première fois. Tout en minimisant «une statistique et rien de plus», l’Argentin n’a pas manqué de se dire «honoré de (se) retrouver aux côtés de Klose et d’autres grands, (le Brésilien) Ronaldo, Mbappé qui en a marqué deux aujourd’hui». Car oui, il le savait bien que son cadet de onze ans venait de le doubler momentanément au classement des meilleurs buteurs de l’histoire de la compétition suprême, et il s’est évidemment employé à lui repasser devant.
Lundi, nouvel épisode du blockbuster : après que Messi a qualifié l’Argentine en s’offrant un doublé contre les Autrichiens, Mbappé y est allé du sien pour également envoyer la France en 16es. Nouvel exercice d’évacuation, de la part du Français cette fois : «Il n’y a pas de feuilleton… « Leo » marque toujours, il a toujours marqué, il marque et il marquera toujours. Moi, je pense seulement à aider mon équipe. Aider mon équipe, c’est marquer des buts et quand tu mets des buts, bien sûr que tu te rapproches de ce genre de sphère».
Une sphère où les extraterrestres du ballon rond sont rois et suscitent l’admiration de leurs pairs, anciens et présents. «Kylian est là pour marquer des buts et il en marque. Il a une aura mondiale (…) il a la capacité à mettre la barre du record encore plus haut», a estimé son sélectionneur Didier Deschamps lundi. Plus tôt, Thierry Henry chantait le dithyrambe en l’honneur de Messi. «Ce type ne court pas après les records, ce sont les records qui le poursuivent. Je ne sais pas comment il fait ça.»
La rencontre entre la France et l’Irak a dû être arrêtée plus de deux heures lundi en raison d’orages à proximité du stade de Philadelphie. La législation en cas d’orage est très stricte aux États-Unis, où «environ 20 à 25 millions d’éclairs» provoquent chaque été la mort d’«une trentaine de personnes et des centaines de blessés», selon le National Weather Service, le service météorologique américain, qui précise que «deux tiers des décès sont liés à des activités de loisirs en extérieur».
Les protocoles de sécurité en vigueur imposent la suspension des évènements sportifs en plein air pendant 30 minutes lorsque des éclairs sont détectés dans un rayon d’environ 8 miles (environ 13 km) autour de l’enceinte sportive. Si un nouvel éclair est détecté pendant ce délai, le décompte est remis à zéro autant de fois que nécessaire jusqu’à ce qu’un intervalle de 30 minutes sans éclair se produise, rendant l’heure de reprise des matches totalement imprévisible.
Dès que l’orage est détecté, les joueurs doivent regagner les vestiaires et le public se mettre à l’abri, comme il a été invité à le faire lundi en quittant les tribunes pour se mettre dans le coursives du stade. Soumis aux règles du pays hôte en la matière, le règlement de la Coupe du monde ne mentionne aucun protocole en cas d’orage ou d’intempéries si ce n’est la possibilité de fermer le toit d’un stade. Cinq des seize stades du Mondial en sont dotés, un au Canada (Vancouver) et quatre aux États-Unis (Arlington, Atlanta, Houston et le SoFi de Los Angeles).