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[Cinéma] Monica Vitti et la figure du père à l’honneur au festival de Villerupt


Comme le veut la tradition, l'affiche du festival a été dévoilée mardi sur la façade de l'hôtel de ville de Villerupt, à l'issue de la première conférence de presse. (Photo : valentin maniglia)

CINÉMA Attendu du 23 octobre au 8 novembre prochains, le festival de Villerupt rendra hommage à Monica Vitti, dans l’un des premiers éléments de programmation de sa 49e édition dévoilés mardi.

En un demi-siècle d’existence, le festival du Film italien de Villerupt a connu les dernières heures glorieuses du cinéma transalpin, la fin brutale de l’âge d’or, le désert émaillé pourtant de quelques pépites au succès retentissant, et l’émergence toujours plus certaine de nouveaux talents depuis le milieu des années 2000. À ce titre, la saison cinématographique 2025-2026 a été «exceptionnelle», estime Sandrine Garcia, déléguée générale du festival, en regard de territoires francophones «inondés de films italiens», et notamment de jeunes cinéastes, que Villerupt avait présentés en avant-première (parmi ceux-ci : Primavera, Un anno di scuola, Le città di pianura, Testa o croce, Diamanti…).

La 49e édition du festival du Film italien de Villerupt, qui se tiendra du 23 octobre au 8 novembre prochains, devrait donc se dérouler sous les meilleurs auspices. En conférence de presse, mardi, les organisateurs ont compté déjà «environ 65 films dans la sélection officielle» (compétition et hors compétition), sans révéler aucun titre mais laissant néanmoins entendre que Nanni Moretti et son Succederà questa notte devraient être absents du programme pour cause d’accords de distribution, le film étant prévu sur les écrans pour décembre – le même contretemps qui, l’année dernière, avait empêché le festival de montrer La grazia de Paolo Sorrentino.

Monica Vitti, par-delà l’icône

Aux films de la sélection officielle s’ajouteront les longs métrages présentés dans les sections périphériques. Parmi celles-ci, le festival a levé le voile sur l’«Hommage» qui sera rendu à Monica Vitti (1931-2022), découverte par Michelangelo Antonioni, qui l’avait d’abord embauchée pour doubler en italien l’une des actrices du film Il grido (1957), avant d’en faire la protagoniste de sa «tétralogie de l’incommunicabilité» (L’avventura, 1960; La notte, 1961; L’eclisse, 1962; Il deserto rosso, 1964). Selon Bernard Reiss, chargé de programmation, l’objectif de cet hommage est de «réajuster l’équilibre entre celle qu’on a souvent considéré comme la « muse » d’Antonioni, mais qui, pour le public italien, était surtout une reine de la comédie» dès la fin des années 1960 (avec le succès de La ragazza con la pistola, Dramma della gelosia, Io donna…).

Quant au «Thème», après Venise mise à l’honneur l’année dernière, le festival revient à une problématique à la fois sociale et sensible. Le délégué artistique, Oreste Sacchelli, raconte : «Un phénomène marquant de ces dernières années est la montée du masculinisme, qui est né de la crise du patriarcat. C’est cette crise que l’on souhaite regarder de près.» De ce pays où la «mamma» occupe une place de choix, le festival regardera plutôt les représentations du père au cinéma, biologique ou de substitution, bon ou tyrannique, dressant un portrait complexe allant de Ladri di biciclette (Vittorio De Sica, 1948) à La vita è bella (Roberto Benigni, 1997) en passant par Padre padrone (Vittorio et Paolo Taviani, 1977) et Nuovo cinema Paradiso (Giuseppe Tornatore, 1989). En attendant une vision plus précise du programme, toutes les étoiles du cinéma se donnent déjà rendez-vous à Villerupt.

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