Quelques jours après le décès d’un sans-abri en plein coeur de Luxembourg, Médecins du Monde estime que les mesures d’urgences mises en place face à la canicule auraient dû être anticipées et appelle à une protection permanente des personnes les plus vulnérables.
Alors que le Luxembourg subit actuellement des chaleurs sans précédent, Médecins du Monde tire la sonnette d’alarme : oui, les mesures exceptionnelles décidées par les autorités pour protéger les sans-abri sont les bienvenues, mais elles interviennent trop tard.
L’organisation rappelle ainsi que la mort tragique d’une personne sans-abri de 75 ans ce samedi 20 juin, «qui semble directement liée à la chaleur extrême, est un rappel brutal et douloureux». Elle estime que les épisodes caniculaires ne constituent plus une surprise et que les signaux d’alerte existaient depuis plusieurs semaines.
«Pourquoi faut-il attendre un drame pour que l’urgence devienne une priorité?», interroge l’association, qui juge que les dispositifs de prévention devraient être activés automatiquement dès les premiers seuils d’alerte météorologique.
Ouvrir la Wanteraktioun toute l’année
Face à la multiplication annoncée des épisodes de chaleur extrême, Médecins du Monde demande la pérennisation des mesures de protection contre les canicules, avec l’ouverture 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 de lieux de rafraîchissement dès le déclenchement des alertes. L’organisation réclame également «un plan national de prévention pour les personnes vulnérables», fondé sur une meilleure coordination entre les acteurs sociaux, sanitaires et municipaux.
Au-delà de la gestion de la canicule, l’association réitère une revendication de longue date : l’ouverture toute l’année du dispositif Wanteraktioun. Selon elle, les «structures d’accueil d’urgence ne doivent plus être limitées à la période hivernale mais rester accessibles en permanence, de manière digne et inconditionnelle».
Enfin, Médecins du Monde demande qu’une évaluation transparente soit menée afin de comprendre les éventuels dysfonctionnements ayant conduit à cette situation et d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Pour l’organisation, «la dignité humaine ne se mesure pas en degrés Celsius» et la protection des personnes les plus vulnérables doit être considérée comme «une obligation morale et sanitaire».