Après quatre heures de délibération, les douze jurés de la cour d’assises ont rendu leur verdict sur la culpabilité de Vinciane W. dans le meurtre de Marie Reding à Martelange.
C’est debout que l’accusée a pris connaissance de la décision du jury. Il a répondu affirmativement aux deux questions qui lui étaient soumises, en motivant longuement sa décision. Vinciane W. est reconnue coupable de meurtre, un homicide volontaire avec intention de donner la mort. C’est donc l’infirmière à domicile qui a tué Marie Reding, 92 ans, le 1er mars 2023 à Martelange.
L’avocat général a requis une peine de 30 ans de prison. Alice Lecomte n’a pas trouvé de circonstances atténuantes à la coupable. «J’ai cherché dans son parcours de mère, voisine… Je n’ai entendu ni aveux, ni remords, ni compassion pour la victime.»
«Nous ne sommes pas face à un égarement, une violence surgie brutalement. Nous sommes face à 20 années d’antécédents marqués par de la violence, les menaces, jusqu’à la mort abominable de Madame Reding. Le risque que Vinciane W. représente pour la société est trop grand. Après 7 ans de contrôle judiciaire, elle est libre sans garde-fou, sans personne pour recevoir ses décharges de violence. La suite, c’est la mort abominable de Marie Reding. La prison va la contenir.»
«Du rab pour 2015»
Me Xavier Koener, dont c’est la première cour d’assises, a coupé la poire en deux, demandant de ne pas aller au-delà de 15 ans de prison. «En réponse à la dureté des réquisitions, je parlerai avec mon cœur. L’avocat général demande la peine maximale parce qu’il n’y a rien à tirer de bon de ma cliente. Être avocat, c’est croire en les gens, être optimiste. Faut aimer les gens et moi j’aime les défendre. J’ai cette croyance dans les individus.»
Et Me Koener d’ajouter: «Je ne veux pas qu’elle crève en prison! Elle va y crever parce que les chances d’obtenir une libération conditionnelle sont faibles. Le caractère dissuasif de la peine, ça ne fonctionne pas!»
La défense évoque des circonstances atténuantes. «J’ai l’impression que l’avocat général demande un rab pour 2015. Elle a payé pour 2015. On n’a contesté aucun des faits. Elle n’a pas d’antécédents judiciaires puisqu’elle n’a jamais été condamnée par le tribunal correctionnel.»
Quant au risque de récidive : «Il est faible. En deux ans d’emprisonnement et un an chez elle sous bracelet, pas un seul rapport disciplinaire, ni à la prison ni de son bracelet. Donc elle sait suivre les règles.»
Vinciane W. pouvait prendre la parole une dernière fois, un droit qu’elle n’a pas souhaité utiliser, gardant le silence.
Laurence Brasseur
(L’Avenir)