Les discussions entre les Etats-Unis et l’Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d’un protocole d’accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.
Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d’Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.
Les discussions devraient durer « quelques jours », a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu’il ne pourrait rester en Suisse « qu’un jour ou deux ».
« J’espère qu’on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer », a-t-il déclaré.
L’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.
Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l’économie mondiale.
Protocole « en danger »
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d’accord serait « en danger » si ses clauses n’étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.
Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout « optimisme », affirmant sur X que « l’ennemi a montré qu’il ne tenait pas ses promesses ».
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.
Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.
L’armée israélienne a annoncé pour sa part qu’un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient « pas de frappes proactives », mais qu’elles opéreraient « de manière défensive » au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.
Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation « s’améliore » au Liban.
« Le gros problème, c’est que vous allez avoir quelqu’un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu’un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l’oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c’est ce qu’on essaie de faire », a-t-il dit.
Ormuz fermé
Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l’armée iranienne a annoncé que « le détroit d’Ormuz serait fermé au trafic maritime », une « première mesure en réponse à la violation des engagements par l’ennemi ». Il a menacé « d’autres mesures » si nécessaire « pour contraindre l’ennemi à respecter ses obligations ».
La réouverture du détroit a constitué l’un des points clés du protocole d’accord américano-iranien. L’Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.
Après l’annonce par l’Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient « vigilantes ». Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.
Téhéran a également évoqué la possible mise en place de « frais » de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d’appliquer un péage dans le détroit en cas d’échec des discussions avec l’Iran.