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L’UE se doit d’investir

À première vue, et même à deuxième, le montant est énorme. La Commission européenne propose une enveloppe totale de 2 000 milliards d’euros pour le prochain budget pluriannuel de l’UE, qui couvrira la période 2028-2034.

Par rapport au cycle précédent, l’argent débloqué par les 27 États membres est en forte hausse par rapport au cycle budgétaire 2021-2027, où les États membres s’étaient accordés à consacrer 1 216 milliards d’euros à la construction européenne.

Un montant additionnel de 807 milliards d’euros avait été débloqué pour la relance post-covid, dans le cadre du programme «Next Generation EU». Soit 2 023 milliards d’euros, en partie financés par des emprunts. Le président français, Emmanuel Macron, propose d’activer encore ce levier pour doter l’UE, à l’horizon 2034, d’un budget pluriannuel d’un montant similaire.

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, s’y oppose catégoriquement, alors même qu’il a donné son feu vert au prêt de 90 milliards d’euros accordé à l’Ukraine. Une nouvelle ligne de fracture apparaît ainsi au sein d’une UE qui a pourtant tout intérêt à préserver son unité.

L’Allemagne fait partie d’un groupe de pays du nord de l’Europe surnommés les «frugaux». En face, 17 pays du Sud et de l’Est se sont regroupés dans un bloc surnommé «les amis de la cohésion».

Le Luxembourg se situe quelque part entre les deux positions, soulignant l’importance d’investir dans la compétitivité, la recherche, l’innovation, les nouvelles technologies, la transition énergétique et la sécurité.

Sur ce dernier point, notamment face au retrait progressif annoncé des forces américaines, les Vingt-Sept – ou du moins les États membres de l’UE également membres de l’OTAN – ne pourront pas baisser la garde. Au contraire, il est urgent et indispensable de renforcer les capacités de défense.

Il est toutefois positif de noter que les négociations menées lors du sommet européen, ces jeudi et vendredi, se sont avérées constructives.

L’arrivée dans le cercle des chefs d’État et de gouvernement du nouveau Premier ministre hongrois, Peter Magyar, a sensiblement amélioré l’ambiance. Un atout pour doter l’UE, d’ici la fin de l’année, d’un budget à la hauteur des énormes défis qui se posent à l’Europe tout entière.

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