ULTRACYCLISME : CAP NORD-TARIFA Ralph Diseviscourt, qui fêtera ses 50 ans sur cette course de près de 7 500 kilomètres sans assistance, repart en course. «Dizzy» raconte...
Ce vendredi soir, à minuit, les 80 coureurs engagés dans ce Cap Nord-Tarifa s'élanceront pour très précisément 7 460 kilomètres et pas moins de 80 000 m de dénivelé. Parmi eux, le spécialiste luxembourgeois d'ultracyclisme, Ralph Diseviscourt, le fameux «Dizzy»...
Vous étiez habitué à disputer des courses avec assistance, notamment la Race Across America. Pourquoi avez-vous fait le choix de vous orienter désormais sur les courses sans assistance?
Ralph Diseviscourt : La tendance dans le sport va clairement dans cette direction des courses sans assistance. Il y a de plus en plus d'épreuves et de plus en plus de coureurs qui s'y mettent. Et les courses avec assistance sont de plus en plus en plus rares. Au début, j'ai longtemps hésité, notamment à cause de la sécurité. On entend des histoires par rapport à des concurrents blessés ou, pire, qui décèdent sur ce genre de courses. Ce n'est jamais sans risque. Mais on peut aussi avoir une chute sur une course avec assistance. Pour le moment, j'ai deux expériences sur 1 000 kilomètres sans assistance. Il faut bien connaître son corps. Tu n'as pas l'équipe à côté de toi pour te conseiller de t'arrêter quand tu roules en zigzag. Pour les pauses, il faut juger par soi-même à quel moment il faut s'arrêter.
Vous partez donc avec des bagages?
Sans assistance, on part avec tous les bagages, les vêtements de rechange et le matériel de rechange, on est limité, il faut trouver dans ce domaine le bon équilibre entre le minimum et ce qu'il faut avoir. Parfois, il faut faire des choix. Je vais prendre quelques chambres à air, une chaîne, éventuellement des patins de frein qui peuvent s'user au fil du temps. Si tu as la malchance de casser un rayon, un dérailleur, tu ne peux pas tout prévoir. Pour le reste, il faut croiser les doigts pour que le matériel tienne. Dans cette course, on peut s'arrêter dans un magasin de cycles pour acheter du matériel et réparer. Mais cela ne se trouve pas partout.
Tu pars et c'est en chemin que tu dois te poser la question où tu vas dormir le soir...
Les règles sont-elles différentes?
Il faut refuser toute aide extérieure. Tu ne peux pas avoir des copains qui te donnent des bidons sur le bord de la route. Personne ne doit te ravitailler, par exemple. Tu es en autonomie pure. C'est difficile à contrôler sur 7 500 kilomètres. Du côté des logements, tu peux décider de dormir à l'hôtel. Mais tu n'as pas le droit de réserver les hôtels à l'avance. Tu pars et c'est en ...
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