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Le cynisme russe

La nouvelle est effrayante, même s’il est impossible d’en vérifier la véracité. Mercredi, les autorités russes ont affirmé qu’un drone ukrainien avait frappé un car transportant de jeunes sportifs bélarusses dans la région de Briansk, tuant une femme et faisant sept blessés. L’armée ukrainienne n’a pas tardé à qualifier cette accusation de «fausse». Comme dans toute guerre, il est difficile de faire la part des choses. La propagande a toujours été une arme. Moscou dénonce une nouvelle fois des «actes de terrorisme» visant des civils. Son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a pour sa part estimé que cette attaque visait à «semer la panique» au sein de la population. Si ce drame s’est réellement produit dans les circonstances décrites, les responsabilités devront être établies et clarifiées.

Une vérité est établie : l’Ukraine subit depuis plus de quatre ans ce type d’attaque. Selon l’Unicef, près de 700 enfants y ont été tués depuis 2022. La Russie ordonne sans cesse des frappes contre des infrastructures civiles, surtout des installations de production d’énergie. Des institutions culturelles sont bombardées, tout comme des hôpitaux. Lundi, onze personnes ont péri lors d’une salve nocturne qui a fortement endommagé à Kiev une cathédrale orthodoxe, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Encore une fois, il est difficile de démêler le vrai du faux, mais l’objectif de la Russie reste clair : terroriser et décourager le peuple ukrainien. Dès lors, voir le Kremlin dénoncer de supposées attaques terroristes visant des civils russes a quelque chose de cynique. Il est cruel de le dire, mais l’Ukraine rend en partie à son agresseur ce qu’elle subit depuis plus de quatre ans. Ce constat ne saurait toutefois justifier, sous quelque forme que ce soit, des frappes contre la population civile.

Dans ce contexte, il est positif de voir que le G7, avec l’appui de Donald Trump, s’est engagé à renforcer son soutien militaire à l’Ukraine. Le président américain affirme même vouloir pousser son homologue russe, Vladimir Poutine, à accepter un «deal». Son humeur peut toutefois varier d’un jour à l’autre. Une autre réalité demeure : chaque jour perdu se traduit par de nouvelles victimes, des deux côtés de la ligne de front.

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