Le chômage parmi les ressortissants luxembourgeois et les ressortissants de pays tiers augmente, tandis que la population active en provenance d’autres pays de l’UE recule.
La population résidente en âge de travailler, entre 15 et 64 ans, et de nationalité luxembourgeoise a augmenté de 3,6 % entre le 1er janvier 2023 et le 1er janvier 2025, d’après les dernières données d’Eurostat disponibles.
En parallèle, sur la même période, le nombre de demandeurs d’emploi résidents disponibles de nationalité luxembourgeoise a augmenté de 14,3 % en 2023, de 11,6 % en 2024 et de 11,7 % en 2025, soit une hausse cumulée de 42,5 % entre le 31 décembre 2022 et le 31 décembre 2025.
«Au total, l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi de nationalité luxembourgeoise est nettement supérieure à l’évolution de la population luxembourgeoise en âge de travailler», écrit Marc Spautz, le ministre du Travail, dans sa réponse à une question parlementaire de Franz Fayot (LSAP).
104 779 personnes venant de pays de l’UE
En ce qui concerne les demandeurs d’emploi résidents de pays tiers, les données sont similaires à celles des résidents de nationalité luxembourgeoise. L’augmentation globale respective est de 42,6 % et de 44,8 % entre 2023 et 2025. En revanche, la hausse est de seulement 22,7 % pour les ressortissants de l’UE hors Luxembourg.
L’analyse confirme donc «une tendance à la baisse de la population active en provenance d’autres pays de l’UE que le Luxembourg». En effet, au 30 septembre 2022, 107 425 personnes provenaient d’un pays de l’UE, contre 104 779 personnes au 30 septembre 2025, soit 2 646 personnes de moins.
Un constat paradoxal
La hausse simultanée du chômage parmi les ressortissants luxembourgeois et les ressortissants de pays tiers, combinée à un recul de la population active en provenance d’autres pays de l’UE semble paradoxal, mais «peut s’expliquer par une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels».
Le premier, c’est la segmentation du marché du travail : «Les différentes catégories de travailleurs ne sont pas réparties de manière homogène entre les secteurs d’activité ni entre les niveaux de qualification», assure le ministre. Dès lors, une évolution défavorable dans certains secteurs spécifiques peut affecter plus directement certaines catégories de travailleurs, sans être nécessairement compensée par une évolution inverse dans d’autres segments de la main-d’œuvre.
«Par ailleurs, le lien entre la baisse de la population active en provenance d’autres pays de l’UE et une diminution du chômage au niveau national n’est pas automatique», ajoute Marc Spautz. Cette évolution peut notamment résulter d’un ralentissement des flux d’entrée ou de changements dans les conditions économiques. En plus de cela, les postes occupés par ces travailleurs ne correspondent pas nécessairement aux profils des demandeurs d’emploi inscrits auprès de l’Adem.
Des contraintes spécifiques aux ressortissants de pays tiers
«Un autre élément déterminant réside dans l’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins du marché du travail.» Ainsi, même si l’Adem recense, au 31 mars 2026, plus de 7 500 postes vacants, nombre de ces postes requièrent des qualifications spécifiques qui ne correspondent pas toujours aux profils des demandeurs d’emploi disponibles, indépendamment de leur nationalité.
«Il convient également de relever que les ressortissants de pays tiers peuvent être confrontés à des contraintes spécifiques, notamment en matière d’accès au marché du travail, de reconnaissance des diplômes ou encore de situation administrative», complète le ministre. Contraintes qui peuvent rendre leur insertion professionnelle plus difficile et ainsi allonger la durée d’inscription auprès de l’Adem.
La dernière explication peut être liée à la politique de naturalisation. «En effet, un ressortissant européen acquérant la double nationalité luxembourgeoise est, dans les données de la sécurité sociale, comptabilisé comme ressortissant luxembourgeois.»