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Pauvreté : des chiffres plus précis, un constat inchangé


Un résident sur 7 est pauvre. (Photo : archives editpress/vincent lescaut)

Le Statec a enrichi sa méthode d’enquête pour mieux cerner les revenus et les conditions de vie des résidents, ce qui rend les résultats plus précis mais ne modifie pas la tendance de fond : les inégalités ne reculent pas.

L’Institut de la statistique a publié ce mercredi une nouvelle édition de son enquête sur les revenus et les conditions de vie, marquée en 2025 par une évolution méthodologique notable. Pour la première fois, les données issues des questionnaires auprès des ménages sont complétées par des données administratives, comme celles de l’Inspection générale de la sécurité sociale. L’idée étant de produire des indicateurs «plus fiables et plus précis sur les conditions de vie au Luxembourg».

Sur le fond, le diagnostic reste stable : les inégalités persistent. En 2025, le taux de pauvreté monétaire s’établit à 14,8 % de la population, soit «environ un habitant sur sept». Le seuil de pauvreté est fixé à 2 502 euros par mois pour une personne seule. Dans le même temps, le revenu disponible médian atteint 6 522 euros par ménage et le niveau de vie médian 4 170 euros par personne.

Les écarts de revenus demeurent significatifs, souligne encore le Statec. Le rapport interquintiles montre que les 20 % les plus aisés disposent d’un niveau de vie 4,6 fois supérieur à celui des 20 % les plus modestes. Le coefficient de Gini, qui mesure les inégalités de distribution, est de 30,5 %.

Des aides sociales capitales

Certains profils restent davantage exposés. Les femmes affichent un taux de risque de pauvreté de 15,4 %, contre 14,2 % pour les hommes. Les jeunes sont particulièrement touchés : «plus d’un sur cinq parmi les moins de 18 ans (22,2 %)» est en risque de pauvreté, soit près de 30 000 jeunes, dont quelque 17 000 enfants de moins de 12 ans. Les familles monoparentales (40,5 %) et les couples avec trois enfants ou plus (36,7 %) figurent parmi les ménages les plus vulnérables, de même que les locataires (23,7 %) et les résidents de nationalité portugaise (29,2 %).

L’indicateur européen Arope, qui intègre pauvreté monétaire, privation matérielle et faible intensité de travail, atteint 18,2 % de la population. En parallèle, 21,6 % des ménages se considèrent eux-mêmes en situation de pauvreté, une donnée qui reflète la perception subjective des conditions de vie.

Dans cette étude, le rôle des aides sociales apparaît déterminant. Sans elles, le taux de pauvreté atteindrait 26,5 %, soit «une personne sur quatre», contre 14,8 % après redistribution. L’impact des prestations sociales est ainsi estimé à près de 12 points de pourcentage.

L’intégration des données administratives permet aussi de corriger certains biais liés aux déclarations des ménages. Le Statec souligne que «la non-déclaration (…) entraîne une surestimation de la pauvreté monétaire». Cette nouvelle approche améliore donc la précision des résultats, tout en introduisant une rupture de série statistique qui empêche les comparaisons directes avec les années précédentes.

Ceci dit, l’institut écrit dans une note de bas de page qu’une «estimation, à méthodologie comparable, suggère néanmoins une légère baisse du taux de pauvreté de 18,1 % en 2024 à 17,5 % en 2025».

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