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Le Centre national pour victimes de violences maintenant disponible jour et nuit


L'équipe a été spécialement renforcée pour atteindre une vingtaine de personnes, a indiqué Yuriko Backes. (Photo : fabrizio pizzolante)

Le Centre national pour victimes de violences, qui a accueilli près de 400 personnes en un an, est désormais accessible en continu, tout comme sa helpline au 2060 1060.

Un an après son lancement sous la forme d’un projet pilote géré par la Croix-Rouge et financé par le ministère de l’Égalité des genres, le Centre national pour victimes de violences (CNVV) est entré dans une toute autre dimension depuis le 1er mai, avec un accueil assuré 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, doublé d’une permanence téléphonique au 2060 1060.

Une promesse tenue par le gouvernement, avec des moyens à la hauteur de cette mission élargie. «Nos cinq postes équivalents temps plein ont été plus que doublés, pour passer à 13, ce qui représente 20 collaborateurs au total. Des assistantes sociales, des éducateurs, des infirmières et des psychologues, pour garantir une première prise en charge sans avoir à attendre des mois pour un rendez-vous», explique la directrice des lieux, Ashanti Berrend.

Des horaires nocturnes synonymes de nouveau défi pour elle et son équipe : «J’imagine qu’on va recevoir des gens issus de contextes un peu différents par rapport à ce qu’on connaît depuis un an, ce qui veut dire aussi des missions différentes pour nous.»

En quelques jours à peine, la mise en service de l’ouverture non-stop a déjà un impact sur l’activité : «On a eu déjà pas mal d’appels sur les plages horaires qui ont été ajoutées. Et je pense que ça va rapidement s’intensifier», anticipe cette assistante sociale de formation, spécialisée en victimologie.

Ce lundi, entourée des ministres Yuriko Backes (Égalité), Martine Deprez (Santé), et Elisabeth Margue (Justice), elle a présenté les statistiques recueillies auprès des 397 victimes ayant pris contact ces douze derniers mois. Et elles contredisent toutes les idées reçues.

Dans la famille dans 70 % des cas

Ainsi, dans les dossiers constitués, ce sont les violences psychologiques (132 mentions) qui sont les plus présentes, devançant les violences physiques (90) ou les violences sexuelles (27). Les violences économiques et menaces de mort y figurent à 19 reprises. Plus rares, le CNVV a aussi documenté des cas de séquestration (6), de stalking (7) et un cas de soumission chimique.

Parmi les 179 victimes accueillies au centre, la nationalité luxembourgeoise est, de loin, la plus représentée. Et dans la majorité des cas (70 %), il s’agit de violences intrafamiliales.

Enfin, le nombre d’hommes subissant des violences accompagnés par le CNVV n’a cessé de croître : au total, 45 hommes se sont manifestés cette année auprès de l’équipe, soit un quart des victimes. Preuve, selon Ashanti Berrend, qu’ils se sentent davantage autorisés à se montrer vulnérables et à chercher de l’aide.

«On sous-estime les conséquences»

Des données précieuses, après des années de flou en la matière, qui vont s’ajouter à celles du Comité de coopération contre la violence et permettre aux autorités d’avancer dans le bon sens. «Les chiffres du CNVV démontrent que la violence est bien présente dans notre société, en particulier dans les familles», souligne Yuriko Backes.

«Il y a encore du chemin à faire pour que les mentalités évoluent. On voit par exemple que la violence psychologique est la plus répandue. Or on a tendance à en sous-estimer les conséquences, alors que celles-ci peuvent parfois être plus graves que des coups.»

Une aide juridique gratuite

Autre nouveauté, l’aide juridique hebdomadaire proposée aux bénéficiaires est pérennisée, avec la présence d’un avocat sur place trois heures par semaine.

«Chaque mercredi de 18 h à 19 h 30 et vendredi de 12 h 30 à 14 h, des avocats du barreau de Luxembourg tiendront une permanence pour offrir conseils et orientation aux personnes victimes de violences», se réjouit la directrice.

Vous êtes victime de violences?

Trouvez de l’aide sur le site violence.lu ou auprès du CNVV :

  • accueil non-stop au 3A, Val Sainte-Croix à Luxembourg
  • helpline non-stop au 2060 1060
  • par courriel à info.cnvv@croix-rouge.lu

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