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Zverev, n° 1 par défaut?


Alexander Zverev en a marre de devoir se justifier sur son nouveau statut. (Photo : afp)

ROLEX PARIS MASTERS Nouveau n° 1 mondial, Alexander Zverev s’est agacé de devoir justifier qu’il n’est pas un numéro un mondial par défaut, après son élimination d’entrée.

L’accession au trône mondial de l’Allemand, grâce notamment à ses deux premiers sacres en Grand Chelem cette saison, a suscité des commentaires pas toujours élogieux dans la presse spécialisée, qualifiant parfois le 30e numéro un mondial depuis 1973 de «chanceux», «peu méritant», «par défaut» ou en «trompe-l’œil».Raison principale : pour s’imposer à Roland-Garros et à l’US Open, Zverev n’a pas eu à battre les deux ogres du circuit Jannik Sinner et Carlos Alcaraz. Et quand l’Italien et l’Espagnol n’étaient pas diminués ou blessés, ils lui ont respectivement barré la route en demi-finale à l’Open d’Australie et en finale à Wimbledon.«J’ai l’impression d’être le seul numéro un mondial de l’histoire du tennis qui doit expliquer pourquoi c’est normal que je sois numéro un mondial. Je pense que je mérite d’être là où je suis, même si j’ai perdu aujourd’hui», a soufflé le colosse hambourgeois, après sa défaite contre Lorenzo Musetti.

Zverev a longtemps traîné la réputation de meilleur joueur de l’histoire à n’avoir jamais remporté un Majeur, après trois finales perdues (New York 2020, Paris 2024 et Melbourne 2025).Mais même s’il a brisé le plafond de verre cette année, il n’a remporté jusqu’ici que trois victoires en douze matches contre des joueurs du top 10. Un ratio (25 %) bien en dessous de ceux d’Alcaraz (17-4) et Sinner (19-4) en 2025.

Zverev, qui a entrepris un gros travail sur lui-même pour éviter de reproduire des coups de sang, comme à Acapulco en 2022 lorsqu’il avait frappé la chaise de l’arbitre avec sa raquette, souffre à l’inverse d’une attitude parfois nonchalante en apparence, qui trahirait une fébrilité mentale persistante.Impatient de retrouver Sinner et Alcaraz

«Quand je le vois jouer, je vois quelqu’un qui joue beaucoup trop passivement, beaucoup trop défensivement dans les moments décisifs», analysait en 2024 le Suisse Roger Federer, lauréat de 20 titres en Grand Chelem.

Mais cette «petite fenêtre» d’opportunité, sans Alcaraz et Sinner, lui a permis de prendre une «nouvelle dimension» avec deux titres susceptible de définitivement le «libérer», anticipe Guy Forget, ancien n° 4 mondial.

Pourtant, son palmarès en ferait rougir plus d’un : outre ses deux Majeurs, l’Allemand a tout gagné, ou presque, avec 26 titres dont l’or olympique à Tokyo et deux Masters de fin de saison.

Son parcours atypique, aussi, devrait susciter une certaine empathie, notamment le fait d’être un tel champion en étant diabétique, souligne Cédric Pioline, directeur du Masters 1000 de Paris.

Le principal intéressé, lui, s’est dit «impatient» de se mesurer aux deux ex-n° 1 mondiaux «en pleine santé», dès janvier 2027 à Melbourne.

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