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Logement : les taux sur la mauvaise pente


Les prix élevés se conjuguent avec des taux de plus en plus hauts. (Photo : archives editpress)

La situation économique provoque la hausse graduelle des taux bancaires, fermant l’accès à la propriété pour de plus en plus d’habitants. Des contre-mesures gouvernementales ont déjà été mises en place cet été.

Les taux augmentent dans l’Union européenne et donc au Grand-Duché. Ce qui inquiète le député pirate Marc Goergen. Le 10 septembre, la Banque centrale européenne (BCE) a de nouveau augmenté ses taux directeurs de 0,25 point de pourcentage. Parallèlement, plusieurs autres taux d’intérêt, tels que l’Euribor, ont également augmenté, rappelle l’élu, qui a demandé au gouvernement ce qu’il comptait faire pour tenter de juguler cette nouvelle contrainte pour les primo-accédants au marché immobilier.

Le député a souligné que les personnes qui ne disposent pas d’un crédit à taux fixe ou qui souhaitent contracter un nouveau crédit immobilier seront ainsi une nouvelle fois davantage pénalisées sur le marché du logement. Une situation qui exaspère de plus en plus la population, notamment la jeunesse. Cette dernière a déjà manifesté devant la Chambre pour protester contre les barrières actuelles à l’accès au logement. Une nouvelle action de protestation aura d’ailleurs lieu entre Hamilius et la Chambre le vendredi 13 novembre.

L’élu du Parti pirate indique dans sa question parlementaire que de nombreuses études montrent que l’accès aux crédits immobiliers constitue un facteur déterminant pour mener une politique du logement efficace. Il illustre son propos : «Lorsque les personnes ne peuvent pas obtenir de crédit immobilier, la plupart d’entre elles ne sont pas non plus en mesure d’acquérir un logement, que ce soit sur le marché privé ou dans le parc immobilier public. Quant aux propriétaires qui rencontrent déjà des difficultés financières, l’alourdissement de la charge des intérêts rend leur situation encore plus difficile.»

Le ministre des Finances, Gilles Roth, confirme, en réponse, que la Banque centrale européenne (BCE) a augmenté ses taux directeurs de 0,5 point de pourcentage au total en juin 2026 et en septembre 2026. Pour lui, cette hausse reste, à ce stade, inférieure à l’augmentation de 4 points de pourcentage qui a eu lieu au cours de la période 2022-2023. À noter que le taux de dépôt, qui sert de référence pour l’économie, s’élève actuellement à 2,5 %.

En décembre, selon l’AFP, la BCE risque encore d’augmenter ses taux directeurs, selon les dernières informations diffusées après la rencontre du Conseil des gouverneurs qui a eu lieu cette semaine. Soulignons également qu’au Luxembourg, selon les données de la CSSF, un tiers des ménages concernés ont souscrit un prêt immobilier à taux variable et deux tiers un prêt immobilier à taux fixe. Les ménages ayant souscrit un crédit un taux variable sont soumis à l’évolution des taux au fil des mois.

Des leviers pour atténuer la hausse

Gilles Roth poursuit dans sa réponse en indiquant que les données les plus récentes de la Banque centrale du Luxembourg montrent que le taux d’intérêt moyen des nouveaux crédits hypothécaires à taux variable ou assortis d’une période initiale de fixation du taux inférieure à un an s’élevait à 3,19 % tant en juin qu’en août 2026. Gilles Roth confirme que les modifications des taux directeurs de la BCE constituent des facteurs susceptibles d’influencer les taux d’intérêt des crédits hypothécaires.

Pour éviter que des personnes se trouvent exclues des possibilités de crédit immobilier, le ministre des Finances explique que le gouvernement a mis en place des mécanismes permettant d’atténuer les conséquences de ces hausses de taux via son programme «Booster pour la construction de logements», lancé en juillet dernier.

Ce programme prévoit notamment l’augmentation du crédit d’impôt Bëllegen Akt à 45 000 euros par personne. Il permet la limitation aux seuls frais d’enregistrement du terrain lors de l’achat d’un logement en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement), lorsque jusqu’à 80 % des travaux de construction ont été réalisés. Cette mesure est applicable pendant une période de trois ans.

Le Booster prévoit aussi l’introduction d’un nouveau taux réduit de TVA de 8 % pour la construction de logements locatifs à vocation sociale, l’augmentation de la subvention d’intérêt accordée aux primo-acquéreurs âgés de 35 ans au maximum, l’élargissement du champ d’application de la prime d’accession à la propriété et de la prime d’épargne à l’acquisition de logements abordables par les jeunes âgés de 35 ans au maximum, ou encore l’octroi d’une enveloppe supplémentaire de 300 millions d’euros destinée au programme public de rachat de logements en VEFA.

Reste à voir si cela suffira alors que les mauvaises nouvelles s’enchaînent lorsque l’on se penche sur l’actualité économique mondiale.

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