Alors qu’une nouvelle extension de l’offre francophone dans l’enseignement secondaire et la formation professionnelle a été annoncée il y a quelques jours, le syndicat SEW/OGBL critique une réforme élaborée sans consultation des acteurs du terrain.
L’annonce d’un renforcement de l’offre francophone dans les lycées, présentée par le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch (DP), comme un levier pour lutter contre les inégalités scolaires, suscite une réaction critique du syndicat SEW/OGBL.
Dans un communiqué publié ce mercredi, le syndicat regrette avant tout la méthode employée. Selon lui, les organisations représentatives des enseignants n’ont une nouvelle fois «pas été associées à la préparation de cette réforme» et ont découvert les projets ministériels «par voie de presse».
Le SEW estime que cette manière de procéder traduit «une conception de plus en plus autoritaire de la politique éducative», dans laquelle des décisions structurantes pour l’avenir de l’école sont prises «sans véritable consultation des acteurs concernés».
Vers une fragmentation de l’école publique?
Pour le SEW, l’extension des filières francophones s’inscrit dans une succession de réformes menées ces dernières années : écoles européennes publiques, nouvelles offres internationales, réforme ALPHA ou encore développement de parcours anglophones. Chacune de ces mesures est présentée séparément, sans qu’un débat global ne soit engagé sur l’orientation future du système scolaire.
Le syndicat met ainsi en garde contre une fragmentation progressive de l’enseignement public. Selon lui, la multiplication des parcours linguistiques risque d’affaiblir les références communes entre élèves et de favoriser l’émergence de structures parallèles. «L’école a besoin d’un fil conducteur et d’une vision portée par la société – pas d’une réorganisation permanente par communiqué de presse», écrit-il.
Le syndicat appelle dès lors le gouvernement à lancer un large processus démocratique de consultation sur l’avenir de l’école luxembourgeoise. «L’avenir de notre système éducatif appartient au débat public – et non à la stratégie de communication et de relations publiques d’un ministre.»
Rappelons qu’actuellement, plus de deux tiers des élèves ne parlent ni luxembourgeois ni allemand à la maison.
- Les classes de 7e francophones seront proposées dans 17 lycées de l’enseignement secondaire général, contre 6 aujourd’hui.
- La voie de préparation en français sera accessible dans 10 lycées, contre 2 actuellement.
- Quatre lycées proposeront désormais une 7e francophone dans l’enseignement secondaire classique.
- Quarante formations menant à un DAP et cinq formations menant à un diplôme de technicien seront accessibles en français.
- Neuf DAP et trois DT seront aussi enseignés en anglais.
Les programmes, les exigences et les diplômes resteront identiques à ceux des filières germanophones.