Plus de 280 personnes ont été arrêtées en lien avec des incendies d’origine humaine depuis le début de l’année en Grèce, où de nouveaux incendies ont été signalés mercredi.
Au total, «281 arrestations ont été effectuées, dont 252 (89,68 %) pour incendie déclenché par négligence et 29 (10,32 %) pour départ de feu volontaire», a indiqué un porte-parole des pompiers, Yannis Artopios, sur la chaîne publique ERT.
Mercredi matin, un homme de 59 ans a été arrêté à Thessalonique pour son implication dans au moins cinq incendies en deux semaines. D’après ERT, il a déclaré au procureur avoir mis le feu en raison «de pressions subies» à son travail et sera présenté au juge d’instruction vendredi.
Un autre homme, âgé de 33 ans, a été interpellé mardi dans la région d’Athènes pour avoir allumé un barbecue portable dans une zone boisée. Il a écopé d’une amende de 3 000 euros.
Entre janvier et août 2024, 360 arrestations pour incendies avaient eu lieu, contre 315 sur la même période en 2025. Le nombre de placements en détention provisoire était respectivement de 12 et neuf.
Dans le même temps, 1 525 amendes d’un montant total de 1,7 million d’euros ont été infligées en 2024, et 779 amendes totalisant 970 000 euros en 2025.
Le gouvernement conservateur a décidé depuis 2024 de durcir les sanctions contre les auteurs d’incendies. Ils peuvent être condamnés à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison et à une amende pouvant atteindre 200 000 euros.
Au total, 43 incendies ont éclaté mardi, selon les pompiers.
Colline interdite
Mercredi, deux incendies concentraient l’attention des pompiers, l’un dans le nord de la Grèce, dans les montagnes du Rhodope, l’autre à l’ouest d’Athènes, où plusieurs villages ont été momentanément évacués. Dans l’après-midi, la situation «s’est améliorée» avec l’envoi de renforts sur place, a rapporté l’agence de presse ANA.
Jeudi, le dispositif étatique sera placé en état d’alerte maximale en raison d’un risque d’incendie extrême (niveau 5, le plus élevé) annoncé notamment pour l’Attique, la Grèce centrale ainsi que pour le nord-est du Péloponnèse.
Par précaution, la mairie d’Athènes a décidé d’interdire la circulation en véhicule ou à pied sur la colline du Lycabète, l’un des poumons verts de la capitale. En Chalcidique, tout déplacement dans les zones boisées a également été interdit.
Il y a dix jours, au nord-ouest de la capitale grecque, un incendie a détruit plus de 11 000 hectares de pinède, maquis et terres agricoles. En raison de rafales allant jusqu’à 130 km/h, ce feu n’a été circonscrit qu’au bout de cinq jours. Deux membres d’équipage d’un hélicoptère ont péri lors d’une collision avec un autre appareil en luttant contre les flammes.
Sur la chaîne de télévision Skaï, le ministre de la Crise climatique et de la Protection civile, Evangelos Tournas, a évoqué les difficultés de cette période d’été.
«Nous avons traversé dix jours difficiles, marqués par des vents violents et des conditions météorologiques très défavorables», a-t-il déclaré. «Nous avons dû faire face à plus de 400 incendies durant cette période», a ajouté le ministre.
Des experts ont mis en garde contre la gravité des incendies ayant touché l’Attique au cours de la dernière décennie : 42 % de sa superficie forestière a brûlé entre 2017 et 2026, du fait de 15 grands incendies. Ce chiffre s’élève jusqu’à 64 % pour les forêts de l’Attique occidentale.