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Propagande antisémite sur TikTok : «J’étais en mission»


Le Longovien n’arrivera jamais au terme de sa prétendue mission d’infiltration sur TikTok. (Photo d'illustration : lionel vadam/le républicain lorrain)

Selon le prévenu, ses propos choquants visaient uniquement à débusquer des membres de mouvements extrémistes pour les dénoncer aux renseignements territoriaux.

«Je me suis dit que je pouvais être utile, sauver des vies». Comment? En infiltrant des mouvements extrémistes sur TikTok et en s’imprégnant de leur vocabulaire afin de dénoncer de potentiels antisémites, djihadistes ou islamistes aux autorités compétentes.

Pour s’y prendre, ce Longovicien, aujourd’hui âgé de 41 ans, a publié une série de vidéos et écrits antijuifs : «monstres sionistes», «cancer de la planète…». On est fin 2023, quelques semaines seulement après l’attaque du Hamas contre Israël.

«Ce recueil de posts aussi inquiétants que nauséabonds, qu’il diffusait sous couvert d’une fausse qualité de gendarme, dévoilait un projet terroriste qui visait directement la communauté israélienne de France», précisait le ministère public, lors de l’audience de l’auteur, le 30 juin dernier au tribunal correctionnel de Val de Briey. «Ces publications trouvaient une adhésion auprès d’un large public, plus de 13 000 personnes».

Selon le mis en cause, il y a méprise. «Les renseignements territoriaux m’ont contacté. On m’a proposé d’intégrer et d’infiltrer une association culturelle dans laquelle ils pensaient qu’il pourrait y avoir des mouvements extrémistes». Une soi-disant infiltration en contrepartie d’un effacement de son casier judiciaire. «On n’efface pas des mentions comme ça, encore moins des faits qui se rapportent à un viol», martèle le représentant du parquet. De toute façon, «je n’y suis jamais allé, j’avais peur».

Quatre mois de sursis

Mais pour compenser, le quadragénaire se lance sur un autre terrain, celui des réseaux sociaux. «J’étais en mission. Bien sûr que ce sont des termes horribles. Mais j’ai dû les utiliser dans un but spécifique. Je me sentais couvert». Cependant, aucune trace des prétendus messages qu’il échangeait avec un agent du service de renseignements français. Rien de plus normal d’après lui : tout passerait par une messagerie sécurisée.

Interrogé, le fonctionnaire qui l’aurait recruté ne confirme pas l’implication du prévenu dans une quelconque mission. Il assure surtout qu’il ne leur a fourni aucune information.

«Le travail n’était pas fini. J’avais beaucoup de captures d’écran. Ce que je faisais, il le savait», se défend le Longovicien, qui n’ira jamais au bout de sa supposée mission. Il est interpellé le 29 mai 2024, suite au signalement d’un utilisateur, dont a été destinataire l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH).

Si le jour des débats, le ministère public avait requis un an de prison ferme, le verdict rendu par la juridiction valdebriotine mardi 21 juillet a été bien plus clément : quatre mois de sursis.

Alexis Vaury
(Le Républicain lorrain)

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