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À Metz, le pape appelle à «désarmer les cœurs»


La visite du pape en France s'est terminée par une messe dans la cathédrale de Metz. (Photo : afp)

Les habitants de la ville de Metz ont accueilli ce lundi 28 septembre avec une belle ferveur le pape Léon XIV venu apporter un message de paix et d’encouragement aux Européens.

Au dernier jour de sa visite en France, le pape a appelé lundi l’Europe à se dresser contre «le mensonge et la tromperie» dans des relations internationales «de plus en plus barbares», tout en plaidant pour la paix, même si cela implique de «sacrifier certaines positions». Léon XIV a célébré dans l’après-midi à Metz, en présence du président Emmanuel Macron, la dernière messe de ce voyage dans l’Hexagone, dans la cathédrale Saint-Étienne de la cité lorraine, où il s’est rendu à l’issue d’une déambulation en «papamobile».

Quelque 35 000 fidèles s’étaient rassemblés dans l’édifice et dans les zones proches du centre-ville, selon le Vatican citant une estimation des autorités locales. Soit une foule plutôt modeste, sans commune mesure avec les marées humaines observées à Paris et à Lourdes. «Merci à tous! (…) Chers amis, continuons à marcher ensemble», a dit le souverain pontife à l’issue de la cérémonie, dans sa dernière intervention publique, avant que la maîtrise de la cathédrale n’interprète le Alléluia de Haendel. Il a quitté la cathédrale sous les acclamations de la foule qui a repris Ce n’est qu’un au revoir.

Léon XIV a prononcé un «très beau sermon sur la paix, sur le pouvoir du pardon», s’émeut Barbara Haugg, 53 ans, qui a parcouru 200 kilomètres depuis Eupen en Belgique. «Malheureusement, ce sont des petites gens qui l’entendent et pas les preneurs de décision», regrette-t-elle. Avec ce voyage de quatre jours, le pape a offert «un vrai cadeau» à la France, juge de son côté Dorota, une policière venue hors service. «Un cadeau de paix. Des messages pour apporter de la joie et du réconfort pour tous les gens», résume-t-elle.

«Des relations de plus en plus barbares»

Dans la matinée, le pontife américain a tenu un discours aux accents politiques et diplomatiques – en l’absence remarquée de la plupart des dirigeants des 26 autres membres de l’UE, pourtant invités par l’Élysée. Blâmant des «relations humaines, et entre les États, de plus en plus barbares», il a regretté que l’on «se vante plutôt du mensonge et de la tromperie» et exhorté en conséquence l’Europe à «mettre fin à cette spirale grâce au respect de l’autre qu’elle a su cultiver et préserver».

Léon XIV n’a fait référence à aucun dirigeant ni à aucun pays, mais le premier pape américain entretient des relations notoirement mauvaises avec Donald Trump, qui l’a qualifié en avril de «nul» en politique étrangère. Quand le président des États-Unis accuse l’UE d’avoir été créée pour «arnaquer» les États-Unis, le souverain pontife a rendu à Metz un hommage appuyé à Robert Schuman, l’un des pères de la construction européenne, inhumé non loin de là. L’Europe doit retrouver «le courage de ses fondateurs (…) le courage pour ne pas céder au repli, à la haine de l’autre, au retour des nationalismes qui divisent», a lancé de son côté Emmanuel Macron.

Auparavant, le pape, aux côtés de représentants d’autres cultes, avait considéré que le discours religieux devait «désarmer les cœurs» et qu’invoquer Dieu pour «légitimer la violence ou l’oppression» équivalait à une «profanation». Les représentants de différents cultes en France – islam, judaïsme, protestantisme, orthodoxie, bouddhisme – ont signé un «Appel de Metz», déclaration commune appelant au dialogue interreligieux et à la paix.

Accueilli dans une immense ferveur depuis vendredi, à Paris puis Lourdes, Léon XIV, 71 ans, a voulu faire passer des messages forts sur la fin de vie et la laïcité. Lors de ce premier séjour en France, pays d’origine de sa grand-mère, Robert Francis Prevost a lancé plusieurs appels à la paix, à défendre la dignité des exilés et à contrôler l’intelligence artificielle en se méfiant de l’avènement d’un «paradis de machines». Très attendu sur la question des violences sexuelles dans l’Église, le pape a clairement appelé, dimanche à Lourdes, les évêques français à «poursuivre» leur action face au «fléau» des violences sexuelles «en maintenant la plus grande vigilance». Il a rencontré pendant deux heures à huis clos plusieurs victimes.

Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillée avec des jeunes au Stade de France : Léon XIV, souriant et chaleureux, a attiré d’immenses foules sur son passage, signe d’une popularité affirmée 16 mois après son élection à la tête de l’Église catholique. Selon les chiffres communiqués par le Vatican, plus de 1,3 million de personnes sont déjà venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche.

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