« Notre travail n’est pas terminé »: au lendemain de la fin des opérations d’évacuation du Hondius aux Canaries, le patron de l’OMS a averti mardi que de nouveaux cas positifs au hantavirus pourraient être prochainement signalés et appelé à respecter « les conseils et les recommandations » de son institution.
« Pas de frontières » pour les virus
« L’OMS dispose de directives claires », a rappelé le directeur général de l’OMS, tout en soulignant aussi les limites liées à « la question de la souveraineté » nationale.
« Nous ne pouvons pas contraindre les pays à appliquer nos protocoles. Nous pouvons seulement conseiller et recommander », a-t-il poursuivi: « J’espère que (les pays) suivront les conseils et les recommandations que nous faisons ».
« La recommandation de l’OMS » est de « suivre activement » les personnes évacuées « dans un centre de quarantaine désigné ou à domicile, pendant 42 jours à compter de la dernière exposition, qui est le 10 mai, ce qui nous amène au 21 juin », a détaillé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
« Les virus ne connaissent pas de frontières », a insisté le patron de l’OMS.
Face à ces protocoles qui peuvent être différents d’un pays à un autre, le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’est d’ailleurs prononcé mardi pour une « coordination plus étroite » des protocoles sanitaires au sein de l’Union européenne et de l’espace Schengen, pour « casser les éventuelles chaînes de transmission ».
Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont mortes: dans deux cas, l’OMS a confirmé une infection à l’hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, sept cas positifs confirmés et un autre probable ont été signalés, tous des anciens passagers ou membres d’équipage du navire à ce stade, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a de son côté salué aux côtés de Tedros Adhanom Ghebreyesus la réussite de cette opération d’évacuation du Hondius: « Le monde n’a pas besoin de plus d’égoïsme, ni de plus de peur », a-t-il lancé, allusion aux réticences de certains face à l’accueil du navire pour procéder à ces opérations.
« Ces derniers jours, nous avons entendu de nombreux représentants publics se demander pourquoi le pays africain du Cap-Vert n’accueillait pas l’opération », a rappelé le chef du gouvernement, faisant référence sans le citer au président régional des Canaries notamment.
« Population préoccupée »
« Mais pour nous, il était clair que ce n’était pas la question, que la vraie question en était une autre (…) Pourquoi ne viendrions-nous pas en aide à ceux qui en ont besoin si nous en avons les moyens ? », a-t-il ajouté.
Avant de se rendre aux Canaries, le MV Hondius s’était vu refuser début mai l’accès au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, où il avait achevé une croisière entamée à Ushuaïa en Argentine.
Le chef de l’OMS a dit « comprendre parfaitement que la population de Tenerife ait pu être préoccupée par le débarquement sur ses côtes » des passagers et membres d’équipage mais a expliqué avoir tout fait pour contenir les risques de propagation.
La crise à bord du MV Hondius a ravivé les souvenirs de la pandémie de Covid-19, même si l’OMS martèle que la situation actuelle n’est pas comparable à celle de 2020.
L’hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l’intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.
La variante du virus détectée à bord du Hondius, l’hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d’humain à humain.