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Début du procès d’anciens responsables syriens accusés de torture


L'ancien général syrien Khaled al-Halabi est arrivé au tribunal de Vienne en masquant son visage. (Photo : AFP)

AUTRICHE Un ex-général et un ex-policier syriens ont commencé à être jugés lundi à Vienne lors d’un rare procès en Europe pour des faits de torture commis sur des opposants au régime de Bachar al-Assad.

Au tribunal de Vienne, l’audience a commencé peu après 9h30 ce lundi matin. Les prévenus, qui plaident non coupable, sont Khaled al-Halabi, 63 ans, un ancien général des services de renseignement syriens en détention provisoire depuis fin 2024, et Musab Abu Rukhbah, un ancien chef du bureau des enquêtes de la police criminelle locale. Ils avaient demandé l’asile en Autriche en 2015 et résident depuis dans ce pays.

La compétence du tribunal autrichien résulte ainsi du domicile des prévenus et l’obligation de poursuite découle de traités internationaux. Au total, treize jours d’audience sont prévus, jusqu’au 30 juin, au cours desquels des témoignages de victimes en provenance de Syrie et d’Europe sont attendus. Lors d’un premier procès concernant la torture en Syrie, qui a eu lieu en 2022 en Allemagne, un ancien employé des services secrets syriens a été condamné à la prison à vie.

«Méthodes de torture standardisées»

D’après le parquet, Khaled al-Halabi recevait des «ordres directs» du gouvernement en Syrie, où la violence était utilisée «de manière systématique» et où il existait des «méthodes de torture standardisées». D’origine druze, le prévenu a nié que des actes de torture aient eu lieu sous sa direction. «Il n’y avait aucune instruction du gouvernement en ce sens», a-t-il déclaré au tribunal par l’intermédiaire d’un interprète. Il est poursuivi pour les crimes de torture, de contrainte aggravée, de contrainte sexuelle, ainsi que pour de multiples lésions corporelles graves, et encourt jusqu’à dix ans de prison.

Anwar al-Bunni, un avocat syrien installé en Allemagne et présent lundi au tribunal, et qui a lui-même passé cinq ans dans les prisons syriennes, a estimé que le général aurait dû être jugé avec une autre qualification. «Ce procès est important, mais je ne comprends vraiment pas pourquoi il n’est pas inculpé de crimes contre l’humanité», a-t-il déclaré, évoquant des charges plus lourdes pour des faits similaires en Allemagne.

Le second prévenu, Musab Abu Rukbah, qui n’a pas témoigné à la barre, doit également répondre des accusations de lésions corporelles graves, de contrainte aggravée, ainsi que du crime de contrainte sexuelle, encourant aussi jusqu’à dix ans de prison.

Un général exfiltré par l’Autriche? 

Concernant la présence en Autriche de l’ancien général, des hauts fonctionnaires autrichiens avaient été relaxés en 2023 au bénéfice du doute. Le parquet leur reprochait de l’avoir aidé à obtenir la protection du pays. Interrogé au sujet de sa fuite, Khaled al-Halabi a déclaré que des proches l’avaient soutenu, mais qu’il n’en savait pas davantage.

L’acte d’accusation invoquait un accord conclu en mai 2015 avec le Mossad israélien. Le parquet affirmait que ce dernier avait exfiltré le militaire syrien de France, où il se trouvait à l’époque, pour le conduire en Autriche.

D’après l’agence APA, l’opération, baptisée «Lait blanc», avait été pilotée par Martin Weiss, alors chef de service du renseignement autrichien (BVT), en fuite à Dubaï et à présent recherché pour ses liens avec un autre espion autrichien fugitif, Jan Marsalek, soupçonné d’être protégé par Moscou. «L’Autriche ne doit pas devenir un refuge pour les criminels de guerre», clame Tatiana Urdaneta Wittek, du Centre international pour l’application des droits humains (CEHRI) et qui représente 18 des 21 victimes connues.

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