Une tripartite très attendue pour une polycrise qui s’aggrave. Cette semaine, les responsables syndicaux, le patronat et le gouvernement se retrouveront pour renouer le dialogue et mettre sur la table les problématiques sources de tensions dans le pays. La liste est longue malheureusement. Le conflit au Moyen-Orient a une nouvelle fois plongé la planète dans une période d’incertitude, provoquant des remous dans l’économie mondiale et chez nous aussi. Les prix du pétrole restent très élevés et les perspectives d’évolution sont particulièrement sombres. Les discussions entre les États-Unis et l’Iran semblent dans l’impasse et les informations contradictoires venant de Washington ou de Téhéran durant ces derniers jours sèment encore plus le trouble (lire aussi en page 8). L’économie, déjà en manque de souffle, s’est complètement grippée depuis fin février, date du début de ce conflit qui n’en finit pas.
Ces mauvaises nouvelles mondiales accélèrent les difficultés locales au Grand-Duché. Et elles étaient déjà nombreuses avant le début du conflit et le bras de fer autour du détroit d’Ormuz. La croissance a pris un coup dans l’aile, le chômage grimpe lentement mais sûrement, le nœud gordien du logement est impossible à démêler, le pouvoir d’achat est en berne et même en retrait avec les hausses du pétrole et de l’inflation, les économies de nos voisins, principaux partenaires, font la grimace, l’augmentation du salaire minimum crispe les positions, la réforme future du chômage pour les frontaliers s’est invitée dans la danse sous la pression d’un gouvernement français impatient de renflouer ses caisses, le système de santé est pris dans un tourbillon de revendications et d’oppositions, sans parler du régime de retraite toujours en cours d’«évolution»… il y a quelques dossiers qui piquent les yeux. On ne pourra évidemment pas les évacuer en un claquement de doigts, mais au moins lancer un processus viable pour contribuer à leur résolution. Le temps presse car les soucis semblent s’accumuler au fil des mois, qu’ils viennent du Luxembourg ou de l’extérieur du pays. Le temps presse aussi pour l’actuelle coalition à la tête du pays. Les législatives sont dans deux ans et demi.