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ArcelorMittal : une stratégie saine pour redresser la barre


Aditya Mittal, directeur financier et directeur de la division Europe du groupe ArcelorMittal et Philippe Darmayan, président d’ArcelorMittal France, au Cercle de l’union interalliée. (photo A.M.)

Effondrement du prix du minerai de fer, concurrence chinoise accrue, action à des plus bas historiques et scandale Volkswagen: face aux nuages qui s’amoncèlent, ArcelorMittal table sur sa « stratégie saine » pour retrouver la confiance des marchés.

« Notre message aux marchés est que nous maintenons notre stratégie. Elle est saine et donne des résultats », a affirmé lundi le directeur général Aditya Mittal lors d’une conférence à Paris, quelques jours seulement après le plus bas historique atteint par l’action du géant de la sidérurgie, à 4,43 euros.

Cette stratégie repose sur quatre piliers: augmentation des recettes, réduction des coûts, des investissements et de la dette, a détaillé le dirigeant du groupe intégré qui se bat sur plusieurs fronts à la fois.

Pour illustrer la santé de son groupe, Aditya Mittal a anticipé une hausse des expéditions d’acier cette année par rapport à 2014, « malgré la faiblesse de l’économie mondiale ». Sur le front du minerai de fer, dont le prix s’est effondré, le groupe sidérurgique a renforcé cette année « l’efficacité » de ses opérations, notamment dans le secteur minier. Une activité que M. Mittal qualifie désormais de « viable » après en avoir réduit les coûts de production.

Le groupe paie les conséquences de ses achats de mines de fer en haut de cycle. « Quand le minerai était très cher, disposer de ses propres mines constituait un avantage concurrentiel. Aujourd’hui, c’est un handicap », a expliqué un spécialiste du secteur.

La crainte des importations chinoises

Aditya Mittal a toutefois adressé un message très clair aux autorités européennes, attirant leur attention sur la hausse des importations d’acier de groupes chinois, qui pourraient dépasser 100% cette année par rapport à 2013, selon ses estimations. Le ralentissement de l’économie chinoise a donné lieu « à une situation surcapacitaire » de l’acier dans le pays et, du coup, « d’une augmentation significative des exportations dans le monde entier », a-t-il constaté.

Un autre spécialiste de la sidérurgie confirme: « Nous nous trouvons dans une phase de stagnation de la consommation d’acier avec une production mondiale qui reste à des niveaux très élevés. Des mesures anti-dumping sont nécessaires », admet cette source.

Même s’il n’utilise pas les mêmes termes, le message d’Aditya Mittal va dans le même sens. « Nous subissons une très forte pression en Europe, où la demande d’acier a certes repris, mais elle se trouve encore loin des niveaux d’avant-crise », a expliqué M. Mittal, dont le groupe a procédé à une sévère restructuration en Europe ces dernières années, avec la fermeture notamment des hauts-fourneaux de Florange et de Liège.

COP 21 : ArcelorMittal exige des réductions d’émission de CO2 « réalistes »

Surtout, le dirigeant d’ArcelorMittal espère que l’Union européenne n’aggrave pas la situation de la sidérurgie lors de la Conférence de Paris sur le climat (COP 21) en fin d’année. « Nous espérons que l’UE se fixe des objectifs réalistes de réduction d’émission de CO2 », a-t-il affirmé. « Nous pensons que le marché des quotas d’émissions de CO2, s’il est proposé en l’état, ne va pas réduire les émissions de CO2 de la sidérurgie, mais déplacer la production en dehors de l’Europe », a-t-il prévenu.

ArcelorMittal, qui mise sur le rebond de l’industrie automobile en Europe et aux Etats-Unis, ne craint pas les conséquences du scandale Volkswagen. « Cela ne va pas empêcher les gens d’acheter des voitures », a rétorqué Aditya Mittal.

Le dirigeant n’a toutefois pas souhaité s’exprimer sur les conséquences pour les objectifs annuels du groupe, qui table sur un Ebitda entre 6 et 7 milliards de dollars. Il a renvoyé les journalistes à la publication des résultats trimestriels début novembre.

L’action d’ArcelorMittal a nettement rebondi lundi, gagnant 8,19% en fin d’après-midi à la Bourse de Paris, à 5,16 euros. Depuis le début de l’année, le cours s’est effondré de 43%, plombé par la chute du minerai de fer et le ralentissement de l’économie chinoise.

AFP / S.A.

 

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