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[Exposition] Henri Matisse, le meilleur pour la fin


L'exposition présente 320 œuvres réalisées par Matisse à la fin de sa vie, dont «La Tristesse du roi» (1952), l'une de ses nombreuses gouaches découpées caractéristiques de cette période. (Photo : afp)

Une exposition au Grand Palais, à Paris, retrace les dernières années de création du peintre français Henri Matisse, considérées comme les «plus prolifiques».

Les Nus bleus, les Intérieurs de Vence ou encore la monumentale Gerbe sont exposés au Grand Palais, à Paris, dans l’exposition rétrospective «Matisse 1941-1954», qui présente les dernières années de création du peintre à travers 320 œuvres. Peintures, série de dessins, livres illustrés, gouaches découpées, textiles ou vitraux témoignent ainsi du foisonnement créatif auquel parvient l’artiste avant son décès à 84 ans.

En 1941, Matisse, qui subit une grave opération chirurgicale, «frôle la mort d’un poil de chat angora», comme il l’écrit à son ami Albert Marquet. Par ailleurs, considéré par les autorités nazies comme un artiste «dégénéré», il n’expose plus. À l’époque, c’est «un homme âgé, partiellement handicapé et qui a du mal à se tenir debout», explique Claudine Grammont, commissaire de l’exposition – réalisée en collaboration avec le Centre Pompidou – et ancienne directrice du musée Matisse à Nice. Mais, paradoxalement, ajoute-t-elle, il entre dans «le moment le plus prolifique de sa carrière : c’est vraiment l’apothéose, c’est-à-dire que l’artiste est dans une forme de désinvolture, de détachement… Bref, de moment de grâce».

«On a souvent dit, à tort, que, pendant cette période, Matisse avait arrêté de peindre et qu’il s’était mis à ne faire que des gouaches découpées… Eh bien non, Matisse a peint 75 peintures entre 1941 et 1954», détaille la cheffe du cabinet d’art graphique du Centre Pompidou. À cette époque, il a aussi créé «plus de 230 papiers gouachés découpés», ajoute-t-elle. «Rien que pour l’année 1950, quarante œuvres sont réalisées. C’est beaucoup pour un homme de 80 ans.»

Nous avons voulu restituer une intimité avec l’atelier de Matisse

L’exposition parisienne, qui se termine le 26 juillet, réunit les essentiels de cette période : l’ultime série de douze peintures dites des Intérieurs de Vence (1946-1948), l’album Jazz (1947) et sa maquette, mais aussi des dessins au pinceau et à l’encre sont présents. Les principaux éléments du programme de la chapelle de Vence sont également exposés, ainsi que des panneaux monumentaux dont La Gerbe (1953) et son éventail de couleurs vives en forme de bouquet de fleurs.

«Nouveau vocabulaire»

Enfin, y figurent les grandes figures en gouache découpée, dont la série des quatre Nus bleus, exceptionnellement réunis. Ce type d’œuvre est caractéristique des dernières années de Matisse, qui modifie de manière conséquente sa manière de créer, «essentiellement en mettant en place ce nouveau médium, celui de la gouache découpée, qui va l’amener à avoir un nouveau vocabulaire iconographique», et va donner à son art une portée monumentale, explique Claudine Grammont.

D’où une exposition sur deux étages, aux vastes salles pouvant accueillir ces grands «ensembles» de gouaches découpées, qui étaient «épinglées aux murs» de son atelier et sur lesquelles le peintre travaillait souvent la nuit «parce qu’il était insomniaque». «Ce que nous avons voulu restituer dans l’exposition, c’est cette intimité avec l’atelier», précise la commissaire. «C’est de pouvoir rentrer dans l’atelier de Matisse et se retrouver face aux œuvres» comme en «immersion».

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