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Reste-t-il de l’argent?

Quelles que soient les mesures que la tripartite prendra pour amortir le choc de la crise énergétique, l’État devra mettre la main à la poche. Les trois paquets ficelés en 2022 et 2023 par le gouvernement et les partenaires sociaux pesaient 2,3 milliards d’euros. Pour la troisième et dernière tripartite consacrée aux répercussions de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine, l’ancienne ministre des Finances Yuriko Backes avait engagé une enveloppe de 500 millions d’euros, finalement suffisante pour financer une prolongation du plafonnement et du subventionnement des prix de l’énergie (gaz, électricité, mazout), une adaptation du barème d’imposition à l’inflation et la compensation d’une tranche indiciaire.

Quelle est encore la marge de manœuvre financière en ce printemps 2026? Rappelons qu’en dépit d’une croissance économique fortement limitée (0,6 % en 2025), le gouvernement ne remet pas en question la réforme fiscale de 2027, dont le coût avoisinera le milliard d’euros par an. En parallèle, l’investissement dans la sécurité est encore une fois revu à la hausse. Le Grand-Duché débloque ainsi 5,8 milliards d’euros pour passer d’un effort de défense de 2 % en 2026 à 2,3 % du revenu national brut (RNB) en 2029.

Ces engagements ne figuraient pas dans le budget pluriannuel présenté en octobre 2025 par le ministre des Finances, Gilles Roth. Selon la trajectoire retenue, la dette publique devait se stabiliser autour des 27 % du PIB à l’horizon 2029. Les récentes prévisions de la Commission européenne indiquent toutefois que le cap des 30 % risque d’être dépassé dès 2027. Les gouvernements successifs se sont toujours imposé de ne pas dépasser ce seuil d’endettement, afin de tenir compte de la taille du pays et de préserver le triple A. La zone euro fixe la limite à 60 % du PIB. Le CSV et le DP décideront-ils de s’affranchir de cette limite symbolique pour amortir les chocs à venir? Le Premier ministre souligne que l’accord de coalition ne mentionne pas le seuil de 30 %. Dans le même temps, il plaide pour le maintien de finances publiques saines. La marge de manœuvre ne serait donc pas illimitée.

Quoi qu’il en soit, l’état des finances publiques constitue la grande inconnue à l’heure d’entamer une tripartite cruciale.

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