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Retraite : les «baby-years» des frontaliers ne comptent pas toujours


Il ne faut pas hésiter à se renseigner auprès de la CNAP. (Photo : archives editpress)

S’être occupé de son enfant lorsqu’il est petit n’est pas forcément reconnu au moment de toucher sa pension de retraité. Surtout pour les frontaliers. Explications.

Pour un travailleur frontalier, voir des baby-years inscrits sur sa carrière d’assurance ne garantit pas une pension luxembourgeoise plus élevée. Ces périodes accordées au titre de l’éducation d’un enfant peuvent, dans certaines situations, rester sans effet sur le montant final de la pension. C’est ce qui ressort ce mardi d’une réponse de la ministre de la Sécurité sociale, Martine Deprez, à une question du député pirate Sven Clement.

Premier point qui surprend : contrairement à ce que l’on imagine souvent, les baby-years ne constituent pas une affiliation à part. Ils relèvent des régimes de pension et c’est là que les choses se jouent. «Les baby-years ne produisent leur effet qu’au moment de la réalisation du risque», explique la ministre, autrement dit lors du départ à la retraite, pas avant.

Pour les frontaliers, le tableau se complique. Plusieurs conditions doivent être réunies. La personne doit notamment avoir été affiliée à l’assurance pension luxembourgeoise juste avant la naissance de l’enfant, si elle ne l’était plus pendant la période concernée. Autre exigence : que ces années d’éducation n’aient pas déjà été reconnues à l’étranger.

Une estimation personnalisée plus sûre

Reste un cas plus retors. Même inscrits dans la carrière luxembourgeoise, les baby-years peuvent ne rien rapporter. «Les baby-years enregistrés dans la carrière d’assurance luxembourgeoise peuvent être évincés par des périodes obligatoires accomplies simultanément à l’étranger, en application du principe de totalisation, de sorte que l’effet des baby-years ne se reflète pas dans le montant de la pension luxembourgeoise», détaille Martine Deprez. Et de préciser que cette situation «est indépendante de la résidence de l’assuré, mais survient plus fréquemment chez les frontaliers que chez les résidents luxembourgeois».

La ministre rappelle aussi la prudence de la Caisse nationale d’assurance pension (CNAP). Depuis le 1ᵉʳ janvier 2013, en cas de doute, les baby-years des frontaliers ne sont provisoirement pas reconnus. La situation est alors réexaminée lors de la liquidation de la pension, lorsque la carrière d’assurance complète peut être reconstituée.

Dernier enseignement de cette réponse ministérielle : les estimations de pension doivent être interprétées avec prudence lorsqu’une carrière s’étend sur plusieurs pays. L’estimation figurant sur l’extrait de carrière annuel, envoyé aux assurés à partir de 56 ans, repose sur une carrière exclusivement luxembourgeoise. Si des baby-years y sont enregistrés, leur effet est intégré au calcul «bien qu’il puisse ensuite être évincé».

Les personnes concernées ont donc tout intérêt à demander une estimation personnalisée auprès de la CNAP avant leur départ à la retraite. Depuis le 15 juin 2026, cette démarche peut être effectuée via MyGuichet.lu à partir de 56 ans.

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