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Réorganiser le stationnement  : «Un défi»


François Bausch (à d.), ministre de la Mobilité et des Travaux publics, a présenté le plan en compagnie de Jeff Biever, attaché au ministère.  (Photo : didier sylvestre)

Ce jeudi 25 mai, François Bausch a dévoilé une stratégie nationale afin de rendre plus efficace la gestion des places de stationnement, en délivrant un plan avec des recommandations pour les communes.

«Le cercle vicieux du stationnement.» Voilà ce que souhaite contrer François Bausch, ministre de la Mobilité et des Travaux publics, via la stratégie nationale de stationnement qu’il a présentée hier. Le schéma est simple. La recherche de parkings abordables entraîne la construction de places le long de la route et qui empiètent sur les voies de bus, de vélo ou pour piétons. Alors, la création de places est imposée pour chaque nouvelle construction. Ces dernières augmentent ensuite le trafic, puis les embouteillages et accroissent donc la recherche de places. Bien que le plan présenté par le ministre «n’impose rien», ce dernier espère briser cette boucle et repenser le stationnement, dont les dispositions dépendent des communes

Selon le plan, basé sur l’analyse de trois bureaux d’études (Komobile, Zeyen+Baumann, Austrian Institute of Technology), le Luxembourg ne manque pas de places de parking mais d’organisation. Avec ses 893 000 places recensées, le Grand-Duché compte 2,08 places pour un véhicule et 1,43 par habitant. Pour la capitale, c’est même 2,73 pour un véhicule, proportionnellement bien plus qu’à Amsterdam (0,98), Paris (1,23), Barcelone (1,31) ou Vienne (1,46). «Cela n’a pas de sens de construire de nouvelles places, le but est de gérer plus efficacement celles que l’on a déjà», résume Jeff Biever, attaché au ministère.

D’après l’étude, les parkings dans les grandes et moyennes villes ainsi que dans les milieux ruraux ne sont pas pleins même lors du pic de voitures à 12 h, avec respectivement 81 %, 60 % et 67 % d’occupation. «Le défi est de mieux organiser le stationnement, il y a de la place, mais il faut que ça tourne», poursuit l’attaché ministériel. Le chiffre élevé de parkings longue durée et le faible taux d’occupation montreraient que le stationnement n’est pas efficacement géré. «Par exemple, si on veut juste s’arrêter pour faire un saut dans une boulangerie, il n’y a souvent pas de places libres.» Le stationnement ne serait pas un problème, mais la place qu’il prend en serait un. Afin d’en illustrer l’ampleur, le rapport des bureaux d’études démontre que les 1 518 km de parking en bord de route pourraient relier Luxembourg à Naples. La surface des parkings en plein air correspond, elle, à 91 hectares, soit 21 fois plus que celle du Vatican. La hauteur cumulée des parkings en surface et au sein de bâtiments serait de 833 mètres et dépasserait celle du gratte-ciel du Burj Khalifa.

Le prix des vignettes trop bas?

Afin d’«apaiser la situation», le plan comporte dix fiches de travail d’ores et déjà disponibles en allemand et en version française d’ici début 2024. Plus qu’un état des lieux, les communes pourront y trouver des pistes dans le but de réduire la tension autour du stationnement. L’une d’elles est l’amélioration du système de vignettes afin d’autoriser le stationnement qu’aux résidents. Dans la capitale, la première vignette est gratuite pour le premier véhicule et ne dépasse pas les 48 euros par an sur l’ensemble du Grand-Duché. Un prix «trop faible par rapport à ailleurs», que ce soit à Metz, entre 102 et 204 selon la zone, ou Strasbourg, entre 180 et 480 euros selon le revenu.

L’une des clefs de la stratégie repose aussi sur le plan d’aménagement afin d’encadrer le développement urbain et offrir plus d’alternatives à la voiture. Cela englobe des indications sur l’installation d’équipements pour les vélos, comme les cages, pour éviter les vols. Le plan aborde aussi de l’optimisation des trajets en bus ou la construction de bornes rechargeables. Les parkings-relais sont aussi mis en valeur, en sachant que seuls 5 % des employés viennent en covoiturage sur leur lieu de travail. «Le carsharing sera une grande avancée», promet aussi Jeff Biever. Comme lui, le ministère de la Mobilité et des Travaux publics compte sur l’autopartage. Grâce à ce service location quasi instantané, la densité automobile serait réduite : «Une voiture de carsharing pourrait en remplacer une douzaine». En avril dernier, François Bausch a notamment présenté un avant-projet de loi afin de réserver des places pour ces véhicules. En attendant l’adoption de ce dernier, d’autres alternatives sont apportées aux communes, qui sont libres de les appliquer ou non. Les fiches de travail doivent également être régulièrement mises à jour.

2 plusieurs commentaires

  1. Les pouvoirs publics et leurs désormais inévitables cabinets de conseil (à quoi servent les fonctionnaires si, à chaque nouveau problème, il faut faire appel à d’autres personnes?) oublient souvent les personnes âgées, pourtant nombreuses au Grand Duché, qui doivent faire des courses, parfois lourdes, dans leurs schémas technocratiques.
    OK pour les transports en commun pour un rdv médical, mais, dans de nombreux cas, les parkings sont pleins, n’en déplaise aux « experts ». Qui n’a jamais trouvé le parking Bouillon plein comme un oeuf?

  2. Patrick Hurst

    Eh oui, qu’on se le dise: 893000 parkings, dont 2/3 en surface, c’est quasiment 9 kM2 de territoire occupés 23h/24 par notre chère voiture… Alors, faute d’avoir des voitures partagées autonomes qui vont là où il y a de la demande, nous devrons nous résoudre à renoncer à un peu de confort: Nous sommes presque les seuls au monde à avoir le transport public gratuit, et une bonne couverture pour ce qui est de toute la partie sud et centre du pays!

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