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Claude Meisch : «Chaque élève doit pouvoir développer son potentiel»


Claude Meisch en cette rentrée scolaire 2026/2027 ne veut laisser personne au bord du chemin, quitte à «laisser plus de temps aux uns et aux autres». (Photo : julien garroy)

Chacun sa chance, chacun son chemin. En cette rentrée scolaire, Claude Meisch veut donner à chaque élève les moyens de forger sa réussite et de s’intégrer dans la société luxembourgeoise. 

Les résultats de la récente étude PISA ont porté un sacré coup au système scolaire luxembourgeois. Se réfugier derrière une baisse générale des compétences des lycéens en Europe ne réglera pas les lacunes et les retards constatés en lecture, en sciences et en mathématiques. La faute aux évolutions sociétales et aux écrans sur les apprentissages, selon Claude Meisch. Le ministre de l’Éducation nationale l’aurait bien compris, quoi qu’en pense le syndicat des enseignants, et propose toute une panoplie de mesures inclusives pour contrer les déficits des étudiants. 

«Chaque élève doit pouvoir développer son potentiel de la meilleure manière qui soit s’il le souhaite. Cette rentrée comporte des mesures en ce sens», a indiqué le ministre ce jeudi matin lors de sa traditionnelle conférence de presse précédant la rentrée scolaire.

Ministères, établissements scolaires, enseignants, tout le monde est prêt pour le changement en cette «rentrée de l’équité des chances». Alphabétisation en français, classes francophones au secondaire et en allemand à partir de la rentrée 2027/2028, obligation scolaire prolongée à 18 ans, interdiction générale des smartphones dans les classes inférieures des lycées couplée à des activités remplaçant leur usage – comme une heure de sport supplémentaire par semaine – développées dans le cadre de la campagne Screen-Life-Balance. 

Des potentiels à développer

Ainsi qu’un plan d’action national en faveur de la lecture, un deuxième intervenant par classe de cycle 1 dans 15 écoles pilotes à la rentrée prochaine et un nouveau plan d’étude «reflétant les besoins et les réalités actuels» «afin de mieux accompagner les élèves tout au long de leur parcours scolaire et d’offrir à chacun les meilleures conditions pour progresser, s’épanouir et construire son avenir». 

PISA 2025 montre qu’un tiers environ des élèves de 15 ans ne dispose pas des compétences essentielles pour participer pleinement à la vie en société. «Les écarts constatés par l’étude commencent à se creuser au cycle 3, donc juste après la phase d’alphabétisation. Si nous voulons avoir un impact sur ces retards en matière de lecture, nous devons agir tôt. La phase d’alphabétisation s’avère cruciale, de même que la promotion des langues dans le cycle 1.» Claude Meisch précise d’ailleurs que 42 % des jeunes ayant participé à l’étude PISA ont choisi le questionnaire en français alors qu’ils ont été alphabétisés en allemand. 

«Cela démontre qu’ils partent du principe qu’ils auront de meilleurs résultats s’ils choisissent une autre langue que celle utilisée dans le cadre de leur instruction. Ils pensent qu’ils apprendraient plus facilement dans une langue plus proche de la leur», plaide le ministre. Et cela démontre que son projet d’alphabétisation en français est loin d’être insensé. 

Mardi, 2 200 nouveaux élèves feront leur rentrée scolaire dans le système scolaire luxembourgeois. «Notre système scolaire traditionnel est au centre de cette rentrée scolaire. Il s’adapte aux défis de l’époque», constate le ministre. «Nous constatons cependant le besoin de nouvelles écoles européennes publiques. (…) Nous planifions 3 500 nouvelles places pour 2030, ce qui fera 10 000 places tout rond» pour des élèves «en majorité issus de la migration». 

Des élèves qui n’ont pas tous les mêmes chances et moyens au départ. Trente mille sont issues de familles flirtant avec le risque de pauvreté, dont 17 000 ont moins de 12 ans. Certaines mesures, financières celles-là, annoncées par Claude Meisch les concernent plus particulièrement. «Le gouvernement propose de réformer les chèque-service» pour 97 millions d’euros, les allocations familiales vont être augmentées et une aide ciblée pour les familles les plus pauvres prévoit un maximum de 3 000 euros par enfant ainsi qu’une subvention de participation à la vie scolaire si nécessaire. 

Le ministre avoue avoir confiance dans les réformes engagées par ses équipes pour gommer les inégalités et donner à chaque élève les moyens de développer son potentiel. Il ne veut laisser personne au bord du chemin quitte à «laisser plus de temps aux uns et aux autres». 

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