Frigos en panne dans les morgues, manque de porteurs… Malgré des difficultés opérationnelles, les entreprises de pompes funèbres ont surmonté les chaleurs extrêmes.
Le Grand-Duché respire à nouveau et peut tirer les premiers bilans de l’épisode record de canicule du mois de juin. Pour les pompes funèbres, malgré plusieurs problématiques liées à la chaleur et un pic d’activité notoire, la période s’est déroulée tout en contrôle. Et c’est avec la sobriété et la discrétion caractéristiques du métier que Cyrille Bellwald, attaché à la direction de la plus grosse entreprise de services funéraires du Luxembourg, décrit la hausse des décès durant la canicule : «Nous avons enregistré plus de déplacements que d’habitude».
La preuve? Tandis que la plupart des communes disposent de «services de portage» pour accompagner les cercueils jusqu’au lieu de l’inhumation, les cérémonies simultanées ont mobilisé toutes les ressources. Si bien que chacun a mis la main à la pâte : le directeur lui-même s’est engagé comme porteur. L’anecdote est-elle la seule fausse note dans la chorégraphie mortuaire des dernières semaines? «On a passé la vague, on s’est adapté», philosophe Cyrille Bellwald.
«Il n’y a en revanche aucun problème de stock au niveau des cercueils, poursuit-il. Chaque entreprise de pompes funèbres n’accepte un dossier que si elle est en capacité de pouvoir le traiter. Et dans notre cas, nous disposons d’un stock considérable en réserve.» D’ailleurs, même pendant la pandémie de Covid-19, jamais les opérateurs funéraires ne se sont retrouvés en situation de pénurie. Si cela arrivait, le protocole permettrait de faire appel à la solidarité des professionnels de tout le pays, puis aux pays voisins, avant même l’éventualité d’un recours à l’État, qui pourrait alors solliciter l’armée. Un scénario purement hypothétique en cas de crise gravissime, très loin de la réalité du terrain. Même si la période était plus intense qu’à l’accoutumée.
Hausse des décès de 20 % sur la période
Car certains services funèbres ont dû subir une pression inhabituelle du fait de la chaleur, qui ne tient pas uniquement à l’augmentation relative du nombre de décès : les températures élevées ont aussi obligé à accélérer les procédures pour des questions sanitaires. «Les communes pressaient pour que la mise en bière soit faite le plus vite possible», nous confie Cyrille Bellwald, qui glisse même avoir dû procéder à des déplacements d’une morgue à l’autre à plusieurs reprises après des pannes de frigos.
Pour Patrick Schumacher, dirigeant des pompes funèbres Brandenburger, rien de tel. Mais le constat d’une nette augmentation des décès aux mois de mai et juin, qui «sont les plus tranquilles d’habitude. Là, c’était comparable aux chiffres en hiver : on a constaté une hausse de 20 % des décès, essentiellement des personnes âgées de plus de 90 ans.» Les chiffres officiels sur l’ensemble du territoire ne sont pas encore connus, mais les statistiques du ministère de la Santé en fin d’année devraient confirmer la tendance.