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Les voies de la croissance

Il n’y a pas d’autres mots, le nord de la Lorraine est pris à la gorge par les problèmes de mobilité. L’attrait du Grand-Duché et surtout le nombre de places de travail disponibles attirent un nombre croissant de frontaliers français jusqu’aux centres d’activité du pays. Que ce soit dans le bassin minier, dans la capitale et sa proche «banlieue», jusqu’au nord du pays, à l’est… les talents venus de Lorraine irriguent le pays. Mais cette rivière de compétences a bien du mal à se frayer un chemin jusqu’à l’autre côté de la frontière. La traversée de Thionville est, par exemple, devenue un véritable enfer. En matinée ou en soirée, c’est un calvaire. Mais même en journée, la circulation se fait pare-chocs contre pare-chocs. Évidemment, c’est exactement la même chose côté luxembourgeois où l’asphyxie guette malgré les travaux et les investissements.

Côté français, l’A31 bis est dans toutes les têtes pour éviter ce goulot d’étranglement qu’est devenue la deuxième ville de Moselle. Avec son tracé sinueux, ses bretelles de sortie et d’entrée qui freinent la circulation, impossible d’imaginer un réaménagement efficace de la vieille A31 à cet endroit. Il faut du neuf. La solution est donc de créer ce by-pass qui doit court-circuiter ce point noir. Évidemment, la construction de ces nouvelles voies rapides, en partie souterraines et qui déboucheront au nord de Thionville, fait débat. Une consultation publique est en cours et s’annonce houleuse. Si le chantier est validé, il débutera en 2030 pour dix ans de travaux environ. Oui, ça va être long. On n’a pas fini de prendre son mal en patience dans la traversée de Thionville.

Pour ceux qui se retrouvent prisonniers de l’A31 le matin et le soir, difficile de dire que cette A31 bis n’est pas nécessaire. Elle contribuera au désenclavement des frontaliers qui sont de plus en plus nombreux à venir de loin (Metz et sa «banlieue») pour travailler au Luxembourg. Et oui, la pression immobilière est aussi forte dans le nord de la Lorraine. Reste qu’une partie des habitants est vent debout contre ce nouvel axe routier construit sous leurs fenêtres pour le Grand-Duché. Et cette colère symbolise tout le paradoxe concernant le développement de la Grande Région.

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