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Parole aux jeunes à la Chambre : «Nos idées peuvent enrichir la politique»


Les députés d’un jour ont longuement débattu avec une large frange d’élus des différents partis, dont plusieurs ministres. (Photo : chambre des députés)

Députés et ministres ont échangé, vendredi, avec une trentaine de jeunes sur le rôle que les adolescents et jeunes adultes ont à jouer dans la vie politique et sociétale du pays. Le débat a été très animé.

Rôles inversés en la salle plénière de la Chambre. Au lieu des députés, ce sont des adolescents et jeunes adultes, âgés entre 13 et 30 ans, qui ont pris possession des sièges réservés aux élus. Vendredi, le Parlement a accueilli pour la 17e fois la Convention des jeunes. Où, comme le soulignent les organisateurs du Jugendrot : les «jeunes donnent l’opportunité aux politiques de montrer l’intérêt qu’ils ont pour la société civile de par leur présence, le dialogue qu’ils instaurent et la prise en compte des opinions exprimées».

Quatre ateliers thématiques figuraient à l’ordre du jour des 30 élus, invités à participer aux échanges et débats. «Il s’agit d’élèves, d’étudiants, de jeunes travailleurs, voire de demandeurs d’emploi. Cela permet de mener un débat large. En tant que politiciens, nous avons besoin d’un retour direct de la part des citoyens», fait remarquer le président de la Chambre, Fernand Etgen, en ouverture de la séance plénière consacrée à la présentation des propositions et revendications retenues lors des débats de la Convention sur la démocratie à l’école, le droit de vote à 16 ans, l’inclusion et le rôle des médias.

« Comme si les jeunes n’existaient pas »

Le mot d’ordre a été que la participation n’a pas d’âge. «Nos idées, avis et perspectives ne peuvent qu’enrichir la politique et, par ricochet, améliorer le Luxembourg en tant que pays», est une des conclusions tirées par les députés d’un jour. Or, trop souvent encore, la classe adulte «fait comme si les jeunes, notamment les moins de 18 ans, n’existaient pas». «Mais dès 16 ans, nous avons des droits et libertés. Nous pouvons aller travailler et devons, donc, payer des impôts sans avoir voix au chapitre», clame une autre participante.

Estimant «faire partie de la solution», la Convention est montée au créneau pour réclamer l’introduction du droit de vote à 16 ans. Un droit, mais pas une obligation. Il a été rappelé que lors du référendum constitutionnel de 2015, près de 80 % des électeurs avaient rejeté cette proposition. «Le résultat ne doit cependant pas dire que la situation n’évolue plus pour les 150 ans à venir», met en perspective la ministre Corinne Cahen. «Nous avons besoin de votre avis et de votre engagement. Continuez à prôner cette revendication, même si vous êtes majeurs», lance la ministre de la Justice, Sam Tanson. «On applaudit les jeunes qui s’engagent, mais ce sont des gens très éloignés de leur réalité qui décident de ce qui est bon pour eux», complète la ministre de l’Intérieur, Taina Bofferding.

Les partis de la coalition gouvernementale restent donc favorables à cette ouverture. Les autres partis représentés vendredi étaient plus réservés. «Comment comptez-vous convaincre les 80 % qui ont voté non?», interroge ainsi le pirate Sven Clement.

Du «lobbying» en vue du scrutin de 2023

Fernand Kartheiser (ADR) s’est, lui, sévèrement fait contrer par certains jeunes au sujet de l’inclusion, sujet richement débattu vendredi. La Convention a proposé de thématiser la diversité dans toutes ses facettes à l’école. «Un couple de deux femmes ne peut pas avoir d’enfant sans un père», argumente l’élu ADR. «Cette position exclusive démontre que vous n’avez rien compris à l’inclusion», rétorque un jeune, fortement applaudi.

Le fait de proposer plus de participation démocratique à l’école – notamment en offrant aux élèves la possibilité d’évaluer objectivement les enseignants – a également donné lieu à des échanges animés. Enfin, une éducation renforcée aux médias a été revendiquée pour permettre aux jeunes de «filtrer, diversifier, comprendre et vérifier les informations propagées par les médias».

Et maintenant? Les conclusions de cette édition de la Convention vont «servir de base pour le travail de lobbying et de sensibilisation» auprès des partis et ministères. Un rapport leur sera remis en prévision des élections de 2023.

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