Accueil | A la Une | Archéologie : le grand public appelé à découvrir les trésors enfouis du Luxembourg

Archéologie : le grand public appelé à découvrir les trésors enfouis du Luxembourg


«Sans l'aide des citoyens, ce travail prendrait des mois», souligne le Dr Maxime Brami (à g.). (Photo : didier sylvestre)

Présenté ce jeudi par le ministre de la Culture, Eric Thill, le projet «Heritage Quest Luxembourg» permet au grand public de découvrir des sites archéologiques sur le sol luxembourgeois. 

Et si vous mettiez à jour des vestiges de l’âge du bronze? C’est ce que propose le projet «Heritage Quest Luxembourg» qu’a présenté, ce jeudi, le ministre de la Culture, Eric Thill, à l’occasion du lancement de la deuxième édition des journées européennes de l’Archéologie (JEA).

Développée sous la direction du Dr Maxime Brami de l’université Johannes-Gutenberg de Mayence, cette plateforme a pour ambition d’impliquer le grand public dans la découverte de structures archéologiques.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce projet?

Dr Maxime Brami : Le projet « Heritage Quest Luxembourg » vise à permettre au grand public de participer à la découverte de sites archéologiques grâce à des images LiDAR disponibles sur le Géoportail du Luxembourg. Ces données sont accessibles librement et appartiennent au domaine public.

Qu’est-ce que la technologie LiDAR?

La technologie LiDAR repose sur l’émission d’impulsions laser depuis un avion ou un drone. En se réfléchissant sur le sol, ces impulsions permettent de produire des relevés tridimensionnels extrêmement précis du terrain. Cette technologie est particulièrement intéressante pour l’archéologie, car les faisceaux laser traversent la végétation et permettent ainsi de cartographier le relief même dans des zones fortement boisées. Notre objectif est donc d’exploiter ces images afin d’identifier de nouveaux sites archéologiques au Luxembourg.

Concrètement, comment le public pourra-t-il participer?

La participation se fera simplement depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Les utilisateurs auront accès à des images LiDAR de taille limitée et bénéficieront d’une courte formation expliquant les types de vestiges archéologiques recherchés. Une fois cette initiation terminée, ils pourront analyser eux-mêmes les images et signaler les éléments qui leur semblent correspondre à des sites archéologiques.

Quels types de vestiges les participants pourront-ils identifier?

Nous nous concentrons principalement sur trois catégories de sites très présentes sur le territoire luxembourgeois. La première est celle des tumulus, des buttes artificielles contenant des chambres funéraires, généralement datées de l’âge du bronze, de l’âge du fer ou de l’époque romaine.

La deuxième catégorie regroupe les mardelles, de petites dépressions ou mares situées principalement en forêt. Elles peuvent être d’origine naturelle ou résulter d’activités humaines liées à l’extraction de matériaux. Elles constituent des éléments précieux pour reconstituer les paysages anciens autour des sites archéologiques. Enfin, nous recherchons également des charbonnières, c’est-à-dire des plateformes utilisées pour la production de charbon de bois entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle.

Quels sont les objectifs du projet?

L’objectif principal est d’établir un inventaire aussi complet que possible des tumulus, mardelles et charbonnières présents sur le territoire luxembourgeois. Une telle tâche serait extrêmement longue à réaliser uniquement par des archéologues. L’analyse manuelle de l’ensemble des images nécessiterait des semaines, voire des mois de travail. La participation du public nous permet donc d’accélérer considérablement ce processus et d’identifier de nouveaux sites potentiels.

Que se passera-t-il après ce recensement?

La première étape consiste à repérer les anomalies visibles sur les images LiDAR. Ensuite, une campagne de terrain sera menée par des archéologues afin de vérifier si ces anomalies correspondent réellement à des sites archéologiques. Nous procéderons à des relevés, à des prospections de surface et, si nécessaire, à des études géophysiques complémentaires. Ces investigations permettront de confirmer la nature archéologique des sites détectés et de vérifier qu’ils ne figurent pas déjà dans l’inventaire national géré par l’Institut national de recherches archéologiques.

Si un participant découvre un site inconnu, sera-t-il informé de la suite des recherches?

Deux aspects sont importants à souligner. Tout d’abord, la protection du patrimoine constitue une priorité. Les images mises à disposition du public sont donc anonymisées : les participants ne connaissent pas l’emplacement exact des zones étudiées. Cette précaution vise à éviter les fouilles clandestines, les dégradations ou les pillages éventuels, notamment sur des sites sensibles comme les tumulus.

Aussi, nous informerons régulièrement les participants de l’avancement du projet et des découvertes réalisées. Les bénévoles qui souhaitent s’impliquer davantage pourront également nous contacter. Il sera possible, dans certains cas, d’accueillir des volontaires sur le terrain afin qu’ils participent aux campagnes de prospection aux côtés des archéologues.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.