Sous la bannière «Rise A New World», les Francofolies d’Esch-sur-Alzette, trois jours durant, ont surmonté la crise qui touche tout un secteur en misant sur l’expérience des festivaliers. Au bout, 45 000 spectateurs au rendez-vous, et de la musique aussi.
Un festival, pour qu’il puisse durer, se doit d’être flexible, jouer des hanches car rien n’est jamais gagné d’avance dans le milieu. Il faut se réinventer, imaginer de nouvelles propositions, sans trop savoir pourquoi certaines années ça marche, et d’autres fois, non. Ainsi, l’année dernière, après une édition 2024 sans l’ombre d’un nuage, les Francofolies d’Esch-sur-Alzette ont connu un camouflet : 33 000 spectateurs «seulement», soit soit 7 000 de moins que les prévisions et ce, malgré la présence à l’affiche de cadors comme Soprano, Bigflo & Oli, Julien Doré et Michel Polnareff.
«C’était étrange», témoigne avec du recul Loïc Clairet, son directeur, qui a toutefois un début d'explication qui justifie cette avancée à l’aveugle : l’attrait de plus en plus fort des stades, qui ne font désormais plus peur aux artistes. Un exemple? Cette année, le Stade de France organise pas moins de 28 concerts. «C’est énorme! Il n’y en a jamais eu autant», souffle-t-il.

Pour autant, malgré cette concurrence qui soulève un nouveau mode de consommation, le parc du Gaalgebierg a enregistré un record, lui qui accueillait pour la sixième fois cette grand-messe francophone : trois jours, tous complets, pour un total de 45 000 spectateurs. On pourra toujours chercher des raisons à ce succès : peut-être la sagacité de la programmation qui, en dehors de Feu! Chatterton, Christophe Maé, Helena et Sam Sauvage, a mis de côté ce que l’on nomme populairement la «variété» pour ce qui cartonne en Hexagone : de l’électronique, que la France a dans son ADN, et le rap, style le plus aguicheur et le plus vendeur, notamment auprès de la jeune génération. Mais les Francofolies «made in Luxembourg» ont un autre atout de poids, et pas des moindres : un site à la fraîche, boisé, tranquille, qui permet d’offrir autre chose que des scènes, des musiciens, des décibels et des queues à la buvette.
Champignons géants et bulles de ...
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