TOUR AURA Isaac Del Toro a pris date à trois semaines du Tour en s’imposant avec une deuxième victoire d’étape en deux jours dimanche sur le plateau de Solaison.
Buste droit, à l’offensive
Il vient, comme le Slovène, d’un pays sans tradition cycliste, a tapé dans l’œil des recruteurs avec une victoire dans le Tour de l’Avenir en 2023 (Pogacar c’était en 2018), et pratique un cyclisme pétillant, toujours porté vers l’attaque. Même l’impression visuelle est troublante lorsque Del Toro se tient, comme Pogacar, penché en avant sur son vélo, le buste bien droit, au moment de grimper avec une élégance certaine.
Dimanche, il est passé, comme son modèle, à l’offensive très tôt dans la montée finale – «si j’avais su qu’on était encore à 9 km de l’arrivée, je n’y serais pas allé», a-t-il plaisanté – pour effacer son retard de 49 secondes au général sur l’Australien Luke Tuckwell.
Il s’est imposé en solitaire avec une minute pile sur l’Espagnol Juan Ayuso, troisième du classement général final, alors que Tuckwell, la révélation de cette 78e édition, a sauvé sa deuxième place sur le podium avec panache.
C’est déjà la troisième victoire cette année pour Del Toro dans une course d’une semaine World Tour après Tirreno-Adriatico et le Tour des Émirats arabes unis.
Seixas, principe de précaution
Deuxième du Giro en 2025, il faisait sa rentrée au Tour Aura après avoir été victime d’une déchirure à la cuisse qui l’avait contraint à l’abandon au Tour du Pays basque en avril. Cette fois encore, le match très attendu entre les jeunes leaders amenés à succéder un jour au duo Pogacar-Vingegaard a tourné court puisque, après les abandons de Del Toro et Ayuso au Pays basque, c’est Paul Seixas qui a jeté l’éponge dimanche.
Lourdement tombé la veille, le prodige français de 19 ans a tenu à prendre le départ de la difficile dernière étape malgré d’imposants bandages aux deux bras, déterminé à «tout donner». Mais il a mis pied à terre après le premier des quatre cols au programme après avoir senti des douleurs qui, selon son équipe, ne compromettent aucunement sa participation au Tour de France.
«On va prendre quelques journées de repos, et la machine va repartir», a assuré Julien Jurdie, le directeur sportif chez Decathlon CMA CGM de Seixas qui, comme tous les leaders, doit encore faire un dernier stage en altitude avant le Tour. Il y retrouvera les Vingegaard, Evenepoel, Ayuso et surtout le duo Pogacar-Del Toro dont l’association peut faire frémir d’avance le reste de la concurrence.
Côté luxembourgeois, Mathieu Kockelmann qui s’était longuement échappé vendredi, a jeté l’éponge samedi en cours d’étape avec beaucoup d’autres coureurs.
7e étape (samedi) : 1. Isaac Del Toro (MEX/UAD) les 133,6 km en 3 h 41’41 (moy. : 36,2 km/h); 2. Juan Ayuso (ESP/LTK) à 24 sec; 3. Tobias Johannessen (NOR/UXM) 38; 4. Matteo Jorgenson (USA/TVL) 41; 5. Cian Uijtdebroeks (BEL/MOV) mt; 6. Mattias Skjelmose (DEN/LTK) 1’17; 7. Paul Seixas (FRA/DCT) 1’21; 8. Cristián Rodriguez (ESP/XAT) 2’29; 9. José Félix Parra (ESP/CJR) 2’31; 10. Jan Castellón (ESP/CJR) 2’33… Ab.: Mathieu Kockelmann (LUX/LOI)
8e et dernière étape (dimanche) : 1. Isaac Del Toro (MEX/UAD) les 120,1 km en 3 h 35’07; (moy. : 33,5 km/h); 2. Juan Ayuso (ESP/LTK) à 1’00; 3. Tobias Johannessen (NOR/UXM) 1’02; 4. Mattias Skjelmose (DEN/LTK) 1’31; 5. Cristián Rodriguez (ESP/XAT) mt; 6. Carlos Rodríguez (ESP/IGD) 1’36; 7. Maxim Van Gils (BEL/RBH) 1’43; 8. Luke Tuckwell (AUS/RBH) 1’43; 9. Cian Uijtdebroeks (BEL/MOV); 10. Matteo Jorgenson (USA/TVL) mt
Classement général final : 1. Isaac Del Toro (MEX/UAD) 29 h 35’05; 2. Luke Tuckwell (AUS/RBH) à 54 sec; 3. Juan Ayuso (ESP/LTK) 1’17; 4. Matteo Jorgenson (USA/TVL) 1’36; 5. Tobias Johannessen (NOR/UXM) 1’46; 6. Mattias Skjelmose (DEN/LTK) 2’41; 7. Cian Uijtdebroeks (BEL/MOV) 3’11; 8. Cristián Rodriguez (ESP/XAT) 3’15; 9. José Félix Parra (ESP/CJR) 6’25; 10. Guillaume Martin-Guyonnet (FRA/GFC) 7’21